L’asthme est l’une des maladies chroniques les plus fréquentes durant une grossesse. Si l’on sait déjà que les enfants de parents asthmatiques sont plus à risque d’en être eux-mêmes atteints pour des raisons génétiques, peut-on néanmoins améliorer les perspectives en soignant mieux cette maladie chez la future maman?
«L’asthme varie avec le temps, notamment en bas âge, explique Cristina Longo. Par exemple, certains enfants vont recevoir un diagnostic d’asthme à l’âge préscolaire et être en rémission complète vers sept ou huit ans, alors que d’autres resteront aux prises avec ce syndrome toute leur vie. Ce n’est pas qu’une question de génétique, contrairement à ce qu’on croyait avant. Il existe des facteurs environnementaux sur lesquels on peut agir en prévention précoce pour améliorer l’évolution de la maladie chez les tout-petits.»
Dans ses recherches observationnelles, elle a noté que les enfants de femmes qui ont eu au moins une crise d’asthme durant la grossesse ont une trajectoire plus mouvementée et plus persistante de la maladie, ainsi que des probabilités plus faibles de rémission. Cette association est particulièrement évidente chez les femmes souffrant d’un asthme plus grave.
«Avec l’aide de bases de données, nous cherchons maintenant à observer ce qui arrive aux enfants dont la mère a utilisé un traitement biologique pour l’asthme pendant la grossesse, précise la professeure. Cette classe de médicaments, qui cible des éléments particuliers du système immunitaire responsables des crises, est très efficace chez l’adulte, donc on pense que cela pourrait améliorer les perspectives pour le bébé. C’est ce que nous allons tenter de voir dans les prochaines années.»