La dictée métacognitive, une méthode innovante
«Nous nous sommes rendu compte que la compétence à l’écrit en français était lacunaire chez plusieurs élèves de 5e secondaire; au moins la moitié ne la maîtrisaient pas», raconte Sarah Marcotte, finissante au BEPEP. Cette statistique alarmante l’a poussée, avec son équipe (Victoria Yip, Rhoccïlus Choute et Karine St-Laurent), à se pencher sur cet aspect de l’apprentissage du français. «Il faut agir dès le primaire», précise-t-elle.
L’équipe a décidé de tester deux types de dictées métacognitives pour observer leur effet sur le taux de réussite de leurs classes de 3e et 4e année du primaire. «La dictée métacognitive est au service de l’apprentissage. Le but est que les élèves comprennent pourquoi ils font des erreurs», résume Rhoccïlus Choute.
La dictée zéro faute, d’abord, combine la lecture d’un court texte suivie d’une période de questions où la réflexion des élèves est encouragée. La dictée phrase du jour, quant à elle, consiste en une seule phrase lue par l’enseignante ou l’enseignant; les élèves doivent par la suite se consulter pour consigner les différentes manières de l’écrire. Les variantes sont finalement reportées au tableau et utilisées afin de poursuivre la discussion.
Les connaissances limitées des jeunes à ce stade de leur parcours scolaire ont parfois rendu difficile l’exercice, qui s’est avéré tout de même positif. L’équipe a ainsi noté une certaine amélioration des résultats après l’utilisation de ces deux types de dictées métacognitives, malgré les limites de l’étude (petits échantillons, élèves absents, etc.). «Ça permet non seulement aux élèves de réfléchir sur leur écriture et de mobiliser les stratégies qu’ils ont vues en classe, mais aussi aux enseignants d’adapter leurs méthodes pédagogiques et de voir ce que les enfants ont compris de la matière», confie Victoria Yip. «Les élèves réfléchissaient davantage à la qualité de leur écriture», poursuit Sarah Marcotte. Un succès en soi.