Ça a été, sans hésitation, la plus belle expérience de mon baccalauréat! Une expérience marquante à tous les points de vue. C’est une amie qui m’avait parlé de ce voyage, rendu possible par un programme de stage qui n’avait pas été offert depuis la pandémie. Les liens avec les partenaires locaux s’étaient un peu distendus, donc il a fallu beaucoup d’efforts de la part de la faculté pour relancer le projet. Elle a réussi à rétablir le contact avec l’organisme et à mettre en place un processus de candidature. Trois d’entre nous ont été retenus, mais j’ai finalement été le seul à décider de partir.
Le stage a duré deux mois durant lesquels j’ai été accueilli au sein d’une famille sénégalaise. Avant le départ, Mer et Monde, l’organisme qui encadrait l’expérience, nous avait donné une formation pour nous préparer au choc culturel, afin d’agir là-bas avec sensibilité et respect. Le but n’était pas de «nous intégrer» à tout prix, mais de ne pas imposer nos façons de faire et de contribuer de manière réfléchie à nos milieux respectifs.
Je suis parti avec un groupe de l’Université Laval, des étudiants et étudiantes en travail social. Mon propre stage s’est déroulé dans une école de la ville de Thiès, qui accueillait environ 1000 élèves, avec des classes de 50 à 60 élèves en moyenne – j’en avais 57 dans la mienne. C’était très exigeant, mais profondément enrichissant.
La famille d’accueil chez qui je vivais était formidable et je suis encore en contact avec elle. Ce sont des liens très précieux pour moi. Ce stage m’a fait prendre conscience qu’on peut faire énormément avec très peu de moyens. Là-bas, on enseigne avec des tableaux noirs, des crayons, parfois même sous les arbres – comme au Québec dans les années 50 ou 60.
Ça m’a prouvé que j’étais capable d’enseigner, même avec peu de ressources. Et par ricochet, que j’étais aussi prêt à enseigner ici, au Québec.
J’ai également été touché par la capacité des enseignants là-bas à transmettre des valeurs humaines fortes à leurs élèves. J’ai trouvé ça très beau, et ce sont des choses que j’aimerais, à mon tour, intégrer dans ma propre pratique.