Dans ce qu’elles appellent un acte de solidarité, quatre professeures de l’Université de Montréal aident des universitaires et des étudiants diplômés palestiniens de Gaza à s’installer dans une nouvelle vie universitaire et sociale au Canada, même si aucun d’entre eux ne fréquente l’UdeM.
«Ils ne sont pas à l’UdeM principalement à cause des barrières linguistiques: la majorité des étudiantes et étudiants palestiniens parlent l’arabe et l’anglais, pas le français», explique Emmanuelle Khoury, professeure de travail social, qui participe au projet en tant que bénévole avec ses collègues Roxane Caron, Aline Bogossian et Rola Koubeissy.
Elles font partie d’une initiative appelée Palestinian Students and Scholars at Risk (PSSAR), une organisation à but non lucratif et apolitique fondée et gérée par des bénévoles basés au Canada, essentiellement des universitaires affiliés à de grands établissements canadiens comme l’UdeM.
Cette aide prend la forme de bourses, de parrainages, d'un encadrement sur le plan des études et d'une intégration dans les équipes de recherche du pays.
Jusqu’à présent, huit étudiantes et étudiants de Gaza sont allés dans six universités canadiennes: quatre en Ontario (à l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario, à l’Université de Toronto et à l’Université d’Ottawa), trois au Québec (à l’Université Concordia et à l’Université McGill) et un en Alberta (à l’Université de Calgary).
«Certains sont arrivés seuls, laissant leur famille derrière eux, tandis que d’autres sont venus avec leurs enfants, souligne Emmanuelle Khoury. Ils doivent concilier études aux cycles supérieurs et responsabilités parentales alors qu’ils vivent un moment de grande instabilité sociale, économique et émotionnelle. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un véritable défi.» Ils poursuivent des études en ingénierie et en architecture, souvent à la maîtrise.
Plutôt que d’offrir un soutien financier direct, le programme PSSAR agit en tant que facilitateur stratégique, mettant en relation ces talents avec des universités partenaires et des réseaux d’établissements. Il fournit également un soutien en dehors du cadre universitaire grâce à des partenariats avec des organismes communautaires.
«C’est un acte de solidarité universitaire internationale», déclare Rola Koubeissy, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UdeM. « L’initiative contribue à protéger et à renforcer le potentiel intellectuel des Palestiniens et Palestiniennes menacés par les conséquences dramatiques de la guerre sur Gaza ».