Les élèves ont été aléatoirement répartis dans quatre groupes, dont un groupe témoin, pour pouvoir comparer distinctement l’effet des approches mises à l’essai:
- le groupe «orientation scolaire», où, pendant trois ans, les jeunes ont participé à des séances au cours desquelles ils planifiaient leur avenir éducatif et professionnel en explorant les options d’études et de carrière en vue de faciliter la transition de l’école secondaire vers l’université;
- le groupe «soutien financier», dans lequel les élèves se voyaient offrir une aide de 9600 $ – en complément du programme de prêts et bourses – conditionnelle à l’inscription dans un établissement enseignement supérieur, versée en plusieurs tranches sur deux ans;
- le groupe «mixte», qui bénéficiait des deux approches précédentes;
- le groupe témoin, dans lequel les élèves n’ont pris part à aucun atelier.
Les résultats ont montré que, quatre ans après l’implantation du programme d’orientation à long terme, l’accompagnement personnalisé a permis d’augmenter de 10 points de pourcentage l’inscription à l’université chez les élèves de familles à faible revenu, réduisant de 70 % l’écart avec leurs camarades plus favorisés, ce qui représente aussi une hausse de 50 % par rapport au groupe témoin.
«Concrètement, ce sont 50 élèves de plus qui se sont inscrits à l’université après avoir bénéficié du programme, ce qui est particulièrement notable», souligne Laëtitia Renée.
De plus, les résultats révèlent que, une décennie plus tard, les élèves ayant suivi le programme d’orientation à long terme voyaient, lorsqu’ils atteignaient l’âge de 29 ans, leur revenu annuel moyen augmenter de 2700 $, soit 10 % de plus que ceux qui n’avaient pas suivi le programme.
Pour ce qui est de l'aide financière complémentaire au programme de prêts et bourses, elle a légèrement permis d’accroître les inscriptions dans les collèges communautaires et les universités (respectivement de 5 et 4 points de pourcentage), sans toutefois influencer l’obtention d’un diplôme universitaire. Quant aux revenus à l’âge adulte, l’étude n’observe aucun gain statistiquement significatif; certaines données indiquent même une légère baisse.
«On a déjà un bon programme de prêts et bourses au Canada et l’aide financière supplémentaire incite peut-être des jeunes à s’inscrire à l’université, mais pas toujours dans les bonnes conditions ou disciplines, explique Laëtitia Renée. Ils n’en tirent pas nécessairement un avantage économique.»
Selon l’analyse économique de l’étude, ce soutien financier additionnel engendre un coût net pour la société et, contrairement à l’orientation scolaire, il ne s’accompagne pas de recettes fiscales supplémentaires par l’entremise de meilleurs revenus futurs.