En réanalysant un vaste ensemble de données issues de télescopes au sol et dans l’espace, une équipe dirigée par Charles Cadieux, chercheur à l’Université de Montréal et à l’IREx, a pu déterminer les tailles et les masses de ces planètes avec une précision inégalée.
«Ces nouveaux résultats nous offrent le portrait le plus complet à ce jour du système L 98-59, affirme Charles Cadieux. C’est un bel exemple de la puissance de combiner des données provenant de télescopes spatiaux et d’instruments de haute précision au sol. Et les planètes de ce système constituent des cibles prometteuses à observer avec le télescope spatial James Webb.»
Toutes les planètes du système ont des tailles et des masses compatibles avec des mondes rocheux. La plus proche de l’étoile, L 98-59 b, mesure à peine 84 % du diamètre de la Terre et possède environ la moitié de sa masse, ce qui en fait une des rares «sous-Terres» bien caractérisées à ce jour.
Les deux premières planètes pourraient être le théâtre d’une intense activité volcanique causée par le chauffage de marée, un peu comme la lune Io autour de Jupiter. Quant à la troisième, sa densité étonnamment faible suggère qu’il pourrait s’agir d’une «planète océan», riche en eau, différente de toutes les planètes du système solaire.
Grâce à des mesures raffinées, les chercheurs ont aussi montré que les orbites des planètes internes sont presque parfaitement circulaires, un avantage pour les futures observations atmosphériques.
«Avec sa diversité de mondes rocheux qui présentent sans doute une gamme de compositions, le système L 98-59 est un laboratoire unique pour explorer certaines des grandes questions de notre domaine: de quoi sont faites les super-Terres et les sous-Neptunes? Les planètes se forment-elles différemment autour des petites étoiles? Et les planètes rocheuses autour des naines rouges peuvent-elles conserver leur atmosphère dans le temps?», ajoute René Doyon, professeur à l’UdeM, directeur de l’IREx et coauteur de l’étude.