Les dérapages de la valeur p
La valeur p repose sur le principe de l’hypothèse nulle, soit l’absence d’effets entre des variables à l’étude. En deçà d’un certain seuil (la valeur p), on considère que les résultats sont «statistiquement significatifs» et que l’effet n’est pas dû au hasard.
Or, ce seuil, en sciences sociales, a été défini plutôt arbitrairement. «Ronald Fisher, un des pères de la statistique contemporaine, a présenté l’idée de la valeur de 0,05 [ou 5 %], disant qu’on ne se trompait pas trop avec ce seuil. Mais c’est devenu une valeur standard hyper rigide pour l’interprétation des résultats, pour établir si les résultats sont statistiquement significatifs ou pas. Mais les statistiques, c’est un monde rempli de nuances et de zones grises», explique Sébastien Béland.
Dans plusieurs disciplines, les scientifiques cherchent donc à obtenir une valeur p inférieure à 0,05 pour affirmer avoir fait une découverte scientifique; «mais ce n’est pas du tout ce que nous raconte le 0,05. Il faut recadrer les choses sur cette interprétation, et comprendre en profondeur ce qu'on fait», croit le chercheur.