Devenue enseignante en histoire au Cégep de Rosemont en 2002, Ariane Poulin propose quelques années plus tard à Jacques Perreault une idée novatrice: accueillir des stagiaires finissants du programme Histoire et civilisation de son établissement. L'objectif est ambitieux: leur permettre d'intégrer leurs acquis théoriques dans un contexte pratique authentique tout en les mettant en contact avec des étudiants, des chargés de cours et des professeurs d’université.
C’est ainsi que, depuis 2012, la mission archéologique gréco-canadienne accueille des jeunes du Cégep de Rosemont. Et, depuis 2018, le stage à Argilos est aussi offert aux étudiants et étudiantes du programme Histoire et civilisation du Collège Lionel-Groulx ayant terminé leur première année de cours.
Enseignante responsable de ce programme au Collège Lionel-Groulx, Mylène Desautels supervise les groupes de son établissement lors de ces stages. Ils abordent cette expérience avec des bases solides, mais encore en développement. «On leur apprend comment on construit un savoir scientifique solide et validé, explique-t-elle. Si l’on peut connaître l’histoire antique, c'est parce que des archéologues ont travaillé en amont et de manière rigoureuse sur des sites de fouilles comme Argilos.»
Cette approche méthodologique, liée au cours de méthodologie du programme, explore la façon dont le savoir se construit par l'entremise de sources primaires, qu'il s'agisse de textes ou d'objets constituant la culture matérielle des civilisations étudiées.
Les stages initient au travail de recherche et au milieu universitaire. D’ailleurs, plusieurs participants décident de poursuivre leurs études à l'Université de Montréal après l’obtention de leur diplôme d’études collégiales. Cette transition est d'ailleurs facilitée au Cégep de Rosemont par une passerelle DEC-BAC qui permet de se voir créditer deux ou trois cours s’il y a inscription au baccalauréat ou à la majeure en histoire.
«Argilos offre de l'authenticité, du concret et c'est très formateur en ce qui a trait aux compétences à acquérir, soutient Ariane Poulin. D'ailleurs, si certains étudiants et étudiantes peinent parfois en cours d'année, plusieurs éclosent littéralement lorsqu'ils arrivent à Argilos.»
Cette observation souligne l'une des forces de l'apprentissage expérientiel: la capacité de révéler des potentiels que l'enseignement traditionnel en classe ne parvient pas toujours à faire émerger. Sur le site d'Argilos, les étudiantes et étudiants découvrent non seulement l'archéologie pratique, mais aussi leurs propres capacités d'adaptation, de travail en équipe et d'analyse critique.
Puis, au-delà de l'apprentissage disciplinaire, cette expérience forge des liens durables entre les participants.
«Le stage à Argilos permet aux jeunes de se connaître entre eux dans un contexte très différent de la salle de classe. Ces liens qu’ils créent ici deviennent un véritable point d'appui lorsqu'ils entrent à l'université. Ils ont déjà un réseau, des complices avec qui ils partagent leur passion et leur expérience!» concluent Ariane Poulin et Mylène Desautels.