Un roman graphique pour faire vivre les réalités LGBTQI+ du monde francophone

En 5 secondes Fruit de recherches, de conférences et de rencontres internationales, cet ouvrage braque les projecteurs sur les luttes des communautés queers et trans, entre défis et espoir.
L'ouvrage s’articule autour des thèmes suivants: la transmission des luttes, la célébration de ces avancées, ainsi que la préparation au futur.

Rendre accessibles, sous une forme artistique et engagée, des récits LGBTQI+ issus de recherches et de collaborations communautaires. Voilà l’objectif derrière la création de Là où germent nos voix: transmettre, célébrer et préparer demain, un roman graphique portant sur la transmission des histoires et des mémoires LGBTQI+.  

Fruit d’une collaboration entre Ahmed Hamila, professeur au Département de sociologie de l’Université de Montréal, l’illustrateur Simon Ip et Égides, un organisme de bienfaisance engagé dans la défense des droits des personnes LGBTQI+ à travers le monde francophone, le projet a vu le jour grâce à une subvention Connexion du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. 

L’ouvrage a été lancé le 10 décembre, à l’occasion de la Journée internationale des droits de la personne. Ce projet de mobilisation des connaissances s’est appuyé sur une série de récits personnels recueillis dans divers pays et porteurs d’identités et de réalités multiples. 

Se tenir debout dans un contexte réactionnaire 

Le message central du roman graphique, raconte Ahmed Hamila, découle d’un constat partagé: partout dans le monde, on assiste à une montée coordonnée de discours antigenres et anti-LGBTQI+, souvent véhiculés par des mouvances réactionnaires transnationales.  

Dans ce contexte, l’équipe s’est demandé comment il était possible de résister et d’avancer collectivement. Pour répondre à cette question, l’ouvrage s’articule autour de trois thèmes. D’abord, la transmission des luttes pour comprendre les racines des mouvements, reconnaître la continuité des mobilisations et valoriser les héritages des combats passés. Ensuite, la célébration de ces avancées, pas seulement dans une perspective festive, mais aussi en guise d’acte politique affirmant la légitimité et la force des identités LGBTQI+. Finalement, la préparation au futur en réfléchissant aux manières de s’organiser face aux défis contemporains et aux menaces qui les accompagnent. 

Ainsi, le roman graphique met de l’avant des histoires comme la «purge LGBT» dans la Gendarmerie royale du Canada ou les origines coloniales de plusieurs lois criminalisant l’homosexualité dans divers pays d’Afrique ou du Moyen-Orient.  

«Ensemble, ces perspectives illustrent les multiples façons dont les luttes se parlent, se répondent et s’enrichissent mutuellement tout en reconnaissant les tensions, les inégalités de pouvoir et les différences de contexte qui traversent les mouvements LGBTQI+ à l’échelle planétaire», indique Ahmed Hamila. 

Un équilibre entre le sombre et le lumineux 

Si les enjeux évoqués dans le roman graphique restent graves, l’ouvrage se teinte tout de même de positivisme. Il met aussi en lumière les progrès réalisés, les victoires et les lieux de résistance qui permettent de continuer à se projeter dans l’avenir, un message qui est d’ailleurs incarné dans le style plus «jovial» et coloré des illustrations.  

«C’était important de transmettre un message d’espoir et de solidarité, sans éluder l’épuisement qui traverse les milieux militants, alors que de nombreux gains semblent aujourd’hui fragilisés, même dans des pays perçus comme progressistes», note Ahmed Hamila.  

À ce chapitre, rappelons qu’en 2024 Montréal a été le théâtre de trois manifestations antitrans et qu’aux États-Unis plus de 600 projets de loi contre les communautés LGBTQI+ ont été déposés, selon l’American Civil Liberties Union. 

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