L'idée de concevoir cet outil est née de la limite des instruments précédents, comme le Panier de provisions nutritif de Santé Canada, qui ne permettait d’évaluer que deux dimensions dans les épiceries: la disponibilité des aliments et leur prix. Or, notamment pour les Premières Nations, qui sont largement touchées par l’insécurité alimentaire ainsi que par l’obésité et le diabète, cette évaluation limitée n'était plus suffisante.
L’objectif était donc d’«élaborer un outil un peu plus robuste pour pouvoir caractériser les environnements alimentaires et d’apprécier les interactions entre la disponibilité des aliments dans une localité et certains problèmes de santé de ces populations», explique Fabrice Mobetty.
L’équipe a repris le Panier de provisions nutritif de Santé Canada, qui calcule la valeur de 57 aliments nutritifs, et l'a enrichi. La nouveauté réside dans l’ajout des aliments ultratransformés, ceux qui ne sont pas recommandés par le Guide alimentaire canadien, mais qui demeurent largement consommés au pays. Au total, le FEAT-S mesure 70 aliments, dont 13 aliments ultratransformés.
L'avancée du FEAT-S repose également sur son étendue d'analyse. Cet outil permet ainsi d’évaluer six dimensions de l’environnement alimentaire: la disponibilité des aliments, le prix, la qualité, la variété, l'espace de stockage et les éléments de promotion.
Pour garantir la crédibilité du FEAT-S, l'équipe a mené un rigoureux processus de validation en quatre étapes, qui comprenait des tests pilotes à Montréal et dans la communauté de Kanesatake. L'évaluation par neuf spécialistes en environnement alimentaire a permis d'obtenir une validité du contenu de l’outil de 0,92, ce qui «indique que le contenu de l’outil est excellent». La fiabilité de l’outil a été évaluée ainsi que son caractère pratique à travers des tests par les utilisateurs.