Un don de 10 M$ pour renforcer l’engagement social de l’Université de Montréal

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Un don de 10 M$ de la Fondation Marcelle et Jean Coutu renforcera l’engagement social de l’UdeM par l’appui d’initiatives qui conjuguent savoirs, partenariats et action au service des communautés.
La tour du pavillon Roger-Gaudry

Pour souligner un don majeur de 10 M$ destiné à soutenir des initiatives à forte portée sociale, l’Université de Montréal a choisi un lieu à l’image de l’engagement qu’elle souhaite renforcer: une habitation modulaire avec accompagnement (HMA) dans Côte-des-Neiges, conçue pour épauler des personnes en situation d’itinérance dans leur transition vers un logement stable.

Ce geste philanthropique de la Fondation Marcelle et Jean Coutu vise à appuyer trois projets structurants du pilier Favoriser l’épanouissement des communautés de la campagne de l’Université L’heure est brave. Il permettra la création d’UdeM citoyenne (5 M$), le renforcement d’initiatives en santé et droits sexuels des femmes en République démocratique du Congo (3,5 M$) ainsi que l’aménagement de l’Alimenthèque, un centre communautaire voué à la lutte contre l’insécurité alimentaire (1,5 M$).

«Je veux que ça décolle», a lancé la présidente de la Fondation, Marie-Josée Coutu, à la vice-rectrice au communautaire, à l’international et aux Premiers Peuples, Valérie Amiraux. Une phrase qui résume bien l’esprit du don: soutenir des actions concrètes, capables de produire des effets tangibles dans les communautés.

Un lieu symbolique pour marquer l’engagement

Le choix de la HMA de Côte-des-Neiges ne doit rien au hasard. Installée sur le terrain de l’ancien hippodrome, à proximité de la station de métro Namur, cette infrastructure est le fruit d’une collaboration entre la Ville de Montréal et la Société d’habitation du Québec pour le financement, ainsi que la Mission Old Brewery et Multicaf pour la gestion et l’accompagnement.

Pour Marie-Josée Coutu, dont la fondation soutient de longue date la Mission Old Brewery, le lieu incarne surtout ce qui est possible lorsque des acteurs publics, communautaires et institutionnels conjuguent leurs efforts autour du bien commun.

 

Retrouver des conditions gagnantes

Bonnet sur la tête et thé au lait à la main, Marco réside dans l’habitation modulaire depuis deux mois. «C’est bien plus apaisé et humain que les autres hébergements que j’ai fréquentés», confie-t-il. Une trentaine de personnes autonomes, engagées dans une démarche de réinsertion, vivent dans le bâtiment. Plus de la moitié occupent déjà un emploi.

«À leur arrivée, on laisse le temps aux gens de se poser, puis on les prend en charge, explique Salva Jean-Louis, intervenant à la HMA-Namur. On les aide à refaire leur CV, à chercher un emploi, à remplir les demandes de logement.» L’objectif avoué? Placer chaque résidant en trois mois. «On a 50 % de réussite», se félicite Émilie Fortier, vice-présidente aux services – itinérance de la Mission Old Brewery. 

Chaque parcours réussi illustre ce qu’on appelle souvent, en philanthropie, l’impact social. Des changements parfois modestes à l’échelle des statistiques, mais déterminants pour les personnes concernées et, à terme, pour la collectivité.

 

Trois projets, un même fil conducteur

Les initiatives soutenues par le don de la Fondation Marcelle et Jean Coutu reposent toutes sur une même logique: celle d’une université engagée aux côtés des communautés.

La nouvelle unité UdeM citoyenne deviendra ainsi chargée de soutenir la culture d’engagement chère à l’UdeM. Elle visera à favoriser des projets ancrés dans les réalités locales, notamment en matière d’insécurité alimentaire, d’itinérance et de logement. 

«UdeM citoyenne sera la porte d’entrée et de sortie de la responsabilité sociale à l’Université, détaille Valérie Amiraux. Pousseront cette porte des associations, des porteurs de projets, des organismes qui savent ce dont ils ont besoin, qui ont une idée claire, mais qui cherchent les ressources intellectuelles, l’appui étudiant ou les relations nécessaires au développement de leur vision.»

Deuxième volet de ce don, l’Alimenthèque s’inscrit dans cette approche. Pensé comme un lieu de production agricole urbaine, de diffusion de savoirs nutritionnels et de distribution alimentaire, le projet vise à répondre aux besoins de l’ouest de Côte-des-Neiges, un secteur confronté à des défis persistants d’accessibilité et de sécurité alimentaire. Portée entre autres par Multicaf et l’UdeM, l’initiative se veut aussi un lieu de vie où l’on cultive, apprend et partage, que ce soit autour d’ateliers culinaires, d’activités éducatives ou de services de proximité, avec l’objectif de renforcer l’autonomie alimentaire et le tissu social du quartier.

À l’échelon international, le don permettra de consolider l’action de l’Université en République démocratique du Congo, où elle est engagée depuis près de 15 ans. En collaboration avec la Fondation Panzi, fondée par Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, l’UdeM contribue à un programme d’accompagnement holistique des survivantes de violences sexuelles dans le Sud-Kivu. Le soutien philanthropique permettra de combler des besoins non couverts par les programmes existants et d’appuyer l’instauration de la couverture universelle des soins en partenariat avec l’Institut national de santé publique de Kinshasa.

Une université au cœur des communautés

Au-delà de la diversité des projets, un principe les relie: la collaboration étroite avec des acteurs locaux. Qu’il s’agisse de l’accompagnement en itinérance, de l’alimentation ou de la santé des femmes, l’Université de Montréal agit comme partenaire, facilitatrice et médiatrice.

Cette approche se traduit aussi par la participation étudiante, notamment dans la ferme urbaine aménagée à l’ancien hippodrome, qui produit plusieurs tonnes de denrées destinées en partie aux personnes en situation d’itinérance.

Du local à l’international, ce don de 10 M$ vient ainsi renforcer une vision de l’Université capable d’agir sur plusieurs plans: par la recherche et l’innovation, mais aussi par une présence active au cœur de la société, en lien direct avec les communautés. C’est dans cette capacité à conjuguer production de savoirs et actions concrètes, au plus près des réalités sociales, que se mesure son influence durable sur le bien commun.

Visitez le site de L’heure est brave pour en apprendre plus sur la campagne et les façons d’y contribuer.

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