Si l’opéra est souvent associé au drame, Offenbach rappelle avec esprit qu’il sait aussi faire rire. Dans Orphée aux enfers, que présentent l’Atelier d’opéra et l’Orchestre de l’Université de Montréal les 5 et 7 février, les situations burlesques, les disputes conjugales et les excès des dieux créent un théâtre de l’ironie où le public se reconnaît facilement. «L’opéra, c’est chanter et incarner un personnage. Ça ne peut pas être seulement beau: il faut que ce soit crédible», souligne Élie Lefebvre-Pellegrino, qui interprète Jupiter.
Cette dimension comique ne tient pas uniquement au ton. Elle s’inscrit dans l’écriture même de l’opéra bouffe, qui détourne les conventions et multiplie les clins d’œil au monde classique comme à la société du 19e siècle. L’alternance entre dialogues parlés et passages chantés exige une précision particulière dans la diction, la projection et l’intention théâtrale. «Il faut équilibrer la voix parlée et la voix chantée pour que le personnage reste cohérent», ajoute-t-il.
Ce travail d’interprétation a poussé plusieurs étudiants et étudiantes à ancrer leur personnage dans des émotions actuelles. Pour Kevisha Williams, qui incarne Eurydice, le point de départ était intérieur: «J’ai d’abord travaillé le personnage à travers des émotions contemporaines avant de laisser l’humour s’installer», dit-elle. Cette approche intime rend l’œuvre plus accessible tout en renouvelant la réception d’un classique.