Météo glaciale? L'UdeM contribue à réduire la pression sur le réseau électrique

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes L’Université de Montréal s’engage à diminuer sa consommation électrique dans le cadre du programme «Gestion de la demande de puissance» d’Hydro-Québec.
Un employé de la Direction des immeubles consulte sur ses écrans d'ordinateur l'état des systèmes électromécaniques à l'UdeM.

L’Université de Montréal participe pour un sixième hiver d’affilée au programme Gestion de la demande de puissance d’Hydro-Québec, mieux connu sous le nom d’«option GDP». L’Université s’engage ainsi à réduire sa consommation d’électricité pendant les périodes de forte demande, plus particulièrement lors des grands froids. 

Lorsqu’Environnement Canada prévoit des températures polaires comme ce fut le cas récemment, Hydro-Québec sait qu’elle devra répondre à une demande très élevée de la part de ses clients. C’est durant ces «périodes de pointe» que la société d’État fait appel aux participants inscrits à son programme. À l’UdeM, ce sont les équipes de la Direction des immeubles (DI) qui orchestrent l’ensemble des opérations reliées à l’option GDP. Ainsi, la veille d’une période de pointe, la DI reçoit un avis d’Hydro-Québec du type «Attention: évènement GDP prévu demain entre 5 h 30 et 9 h».

Les choses se mettent alors en marche au sein de la DI pour que l’Université puisse réduire ses besoins en électricité pour la période donnée. Le choix de la stratégie à adopter pour atteindre cette baisse revient entièrement à l’Université, sans ingérence de la part d’Hydro-Québec.

 

La Direction des immeubles veille au grain

«Nos ressources internes nous offrent plusieurs options, explique Carol Campagna, directeur adjoint de la division des services techniques à la DI. Nous pouvons décider de basculer sur nos génératrices ou encore mettre les chaudières électriques en pause et activer celles à gaz. Des forces motrices peuvent être arrêtées, tout comme nous pouvons délester certaines charges qui sont moins importantes pour la durée de la pointe.» 

Heureusement, le système de gestion des bâtiments de l’UdeM est complètement automatisé, ce qui a permis à l’Université de s’inscrire à l’option GDP sans trop d’investissements. Mais on ne peut pas pour autant faire l’économie des êtres humains lors d’un évènement de pointe!

«Nous avons conçu une “commande GDP”, pour ainsi dire, dans notre système informatique, mais cette commande doit être activée par une personne qualifiée. Des électriciens doivent également intervenir, au besoin, pour s’assurer du bon fonctionnement des groupes électrogènes», indique Carol Campagna. Sans compter qu’il faut du personnel compétent pour analyser les données des quelque 400 points de contrôle de l’option GDP installés partout sur les campus. Autrement dit, ces opérations de l’option GDP mettent en lumière le caractère essentiel des employées et employés de la DI, sur place 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

La beauté de l’option GDP, c’est qu’elle a très peu de conséquences sur les opérations. «Les usagers ne doivent s’apercevoir de rien, et nous voulons que ça reste comme ça!» confirme Carol Campagna. En effet, plusieurs opérations de l’Université ne peuvent tout simplement pas être interrompues, même en période de pointe. Le directeur adjoint donne comme exemples les réfrigérateurs des laboratoires ou encore le chauffage des animaleries.

Un geste citoyen

Sans la participation des grands consommateurs comme l’UdeM à l’option GDP, Hydro-Québec pourrait être dans l’impossibilité de soutenir la demande et se voir obligée d’acheter de l’électricité aux provinces voisines ou aux États-Unis. Le hic avec cette option, c’est que l’électricité achetée est presque toujours produite à partir d’énergies fossiles, donc plus coûteuse et plus polluante que notre hydroélectricité.

Selon Carol Campagna, Hydro-Québec a envisagé d’aménager de nouvelles sources d’alimentation pour répondre aux pics de consommation. «Avant d’emprunter cette voie, elle a pris le pari de demander à ses clients les plus gourmands, dont nous faisons partie, de réduire leur consommation d’électricité durant les périodes de forte demande», dit-il. 

Et ça fonctionne. Durant l’hiver 2024-2025, l’Université a réussi à baisser sa consommation de 5591 kilowattheures. «Non seulement nous avons été capables de réduire notre demande d’électricité, mais nous nous améliorons chaque année en diminuant notre consommation encore davantage», se réjouit Carol Campagna.

Des économies réinvesties

Que retire l’Université de Montréal de sa participation à l’option GDP, outre la satisfaction de jouer son rôle d’université citoyenne? Des avantages financiers non négligeables. À la fin de l'hiver, elle reçoit un crédit calculé en fonction de la réduction moyenne réalisée pendant les évènements de pointe. Au printemps 2025, cette somme s’élevait à plus de 300 000 $. «Avec ces économies, nous pouvons par exemple acheter du gaz naturel renouvelable pour les chaudières de la centrale thermique afin de diminuer encore plus notre empreinte carbone», illustre Carol Campagna.

Outre l’option GDP, l’UdeM participe à d’autres programmes d’économie d’énergie financés par Hydro-Québec. Cette participation sur plusieurs fronts est d’autant plus pertinente que les besoins en électricité n’iront pas en diminuant. Ainsi, le pavillon Roger-Gaudry est presque entièrement chauffé au gaz. Des rénovations sont en cours afin d’électrifier le chauffage et de climatiser l’ensemble du bâtiment. Ces réfections seront bénéfiques en matière de réduction des gaz à effet de serre, mais elles demanderont en échange une quantité toujours croissante d’électricité.

Mieux consommer l’électricité doit donc faire partie intégrante des priorités des établissements d’enseignement supérieur, d’autant plus que le Plan pour une économie verte 2030 du gouvernement provincial demande aux cégeps et aux universités de réduire de 20 % leur consommation unitaire d’énergie d’ici 2029-2030.

Les membres des personnels de l’UdeM qui ont des questions au sujet de l’option GDP peuvent communiquer avec la Direction des immeubles au 514 343-2222.

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