Derrière les performances des équipes de volleyball des Carabins de l'Université de Montréal, il y a deux entraîneurs-chefs aux trajectoires distinctes, mais aux convictions profondes et similaires.
Olivier Trudel dirige l'équipe féminine depuis 2005, tandis que Ghazi Guidara est à la barre de l'équipe masculine depuis 2017. Le premier a grandi en Outaouais et l’ensemble de sa carrière est façonnée par l’entraînement, l'autre a mené une carrière professionnelle de 26 ans sur trois continents avant d'arriver au Québec.
Bien que différents, leurs chemins convergent aujourd'hui au CEPSUM autour d'une même vision du sport universitaire.
Deux coups de foudre dans un gymnase
Les deux hommes ont eu leur premier contact avec le volleyball dans des circonstances plutôt semblables.
En deuxième secondaire au collège Saint-Alexandre, à Gatineau, Olivier Trudel est passé devant la porte d'un gymnase: «Il y avait une partie de volleyball en cours. Je ne connaissais pas ce sport et, immédiatement, je suis tombé en amour avec la discipline, raconte-t-il. J'ai trouvé ça très excitant de voir autant de gens dans un lieu si restreint obligés de se battre par intelligence ou par puissance, sans contact, avec le filet comme seule frontière.»
Ghazi Guidara, lui, avait 12 ans lorsqu'il est entré dans le gymnase de son école primaire de Sfax, au sud de Tunis. «Le ballon a roulé vers moi, je l'ai simplement renvoyé aux joueurs et l'entraîneur m'a demandé si je voulais essayer le volleyball. J'y suis retourné le lendemain. C'était il y a 40 ans», se souvient-il.
Ensuite, leurs parcours ont divergé considérablement.
Olivier Trudel a joué au volleyball jusqu'au collégial, mais c'est l’entraînement qui l'a happé très tôt. «J'ai commencé à diriger des entraînements à 15 ans. J’étais en troisième secondaire et j’entraînais une équipe de première secondaire, relate-t-il. On m’a enlevé mon poste en disant que je ne savais pas gérer une équipe et l’on m'a dit qu’entraîner, ce n'était pas fait pour tout le monde… Mais j'ai continué!»
Depuis, il n'a jamais fait autre chose sur le plan professionnel. Il a été pendant 10 ans entraîneur adjoint au scolaire et au civil avec le club de volleyball Cascades, en Outaouais. Puis, après son déménagement à Montréal pour y étudier, il obtient un poste d'entraîneur adjoint à l'Université de Montréal, pour finalement devenir l’entraîneur-chef de l'équipe féminine des Carabins.
Pour Ghazi Guidara, l’entraînement est venu après une carrière d'athlète de 26 ans, dont 21 chez les séniors et les professionnels. Il a fait partie de 600 sélections avec l'équipe nationale de Tunisie de 1990 à 2008, années au cours desquelles il a participé deux fois aux Jeux olympiques – Atlanta en 1996 et Athènes en 2004 – ainsi qu’à des championnats du monde au Japon et en Argentine. Il a aussi joué en Pro A et en Pro B en France, où il a conquis un titre en Coupe de France en jouant pour le Paris Volley. Pendant plusieurs années, il a été considéré comme l'un des meilleurs passeurs au monde.
Son arrivée au Québec en 2012 a marqué le début d'un deuxième chapitre. «Je suis arrivé comme enseignant et j'ai commencé à entraîner des équipes civiles, mentionne-t-il. Deux ans à Granby, trois ans à Sherbrooke, puis, en 2017, j'ai été embauché comme entraîneur-chef des Carabins.»