Chez les hommes, le portrait d'équipe est différent, mais l'esprit qui anime la formation est similaire. Maxime St-Denis, passeur de cinquième année qui a grandi dans le volleyball – son père travaille avec Volleyball Ontario et Volleyball Canada –, décrit un groupe atypique.
«Il n’y a pas un gars de l’équipe qui est censé être le meilleur joueur dans la ligue. On forme un groupe de gars qui ont joué à Ottawa ou en division 2 au cégep, une équipe bizarre en quelque sorte», dit en souriant l’étudiant en éducation préscolaire et en enseignement primaire.
Selon lui, c’est cette absence de hiérarchie imposée qui fait la force de la formation. «Tout le monde est équivalent dans l'équipe, tout le monde a sa place et chacun peut apporter quelque chose, poursuit-il. Ce qu'on a bâti cette année, c'est vraiment l'éthique de travail et l'idée de famille et, jusqu’à maintenant, ça fonctionne super bien.»
L’hiver dernier, l’équipe a pris part à un tournoi international au Maroc, qui a eu pour effet de cimenter les liens du groupe. Pour Hugo Considère, ailier droit originaire de Gatineau qui étudie en éducation physique, cette expérience a donné une autre dimension à son sport. «J’ai pris conscience que le volleyball peut mener loin et contribuer à former un esprit de corps entre nous», souligne-t-il.
Natif de Val-d’Or, l’ailier de troisième année Guillaume Samson abonde dans le même sens. «C’est un voyage que je vais me rappeler longtemps. On a joué contre les meilleures équipes du Maroc, on a visité le pays, on a passé le jour de l'An là-bas. C'était une expérience folle!» soutient l’étudiant en histoire.
Des sacrifices, mais aussi des ancres
Derrière le succès remporté par les deux équipes de volleyball représentant l’UdeM, il y a le quotidien où se succèdent les entraînements, les séances de musculation, les cours, les travaux, les examens…
Aîné d'une famille de quatre garçons, Guillaume Samson étudie surtout le soir. Il enchaîne les sessions à titre d'«étoile académique», porté par le désir de montrer l'exemple à ses frères. «Ça m'aide à fournir plus d'efforts parce que je veux les rendre fiers», confie-t-il.
Antoine Cazabon, étudiant de troisième année en design industriel ayant grandi à Ottawa, voit dans le volleyball une quête d'excellence qui complète ses études. «C'est un sport très technique qui demande de prêter une grande attention aux détails, remarque-t-il. Ça me donne une porte pour sortir un peu des études et pour exceller ailleurs.»
Du côté féminin, Ilona Millan, qui joue au volleyball depuis l'âge de 10 ans, ne conçoit pas sa vie étudiante sans le sport. «J'aurais de la difficulté à aller à mes cours si je ne devais pas suivre des entraînements après, assure-t-elle. Les études me motivent à jouer et le volleyball me motive à étudier!»
Pour sa part, Julia Lanthier affirme que le volleyball l'a rendue «organisée à un point que je n'aurais jamais atteint autrement».
Naomi Babii, quant à elle, reconnaît qu’étudier tout en jouant dans une équipe d’excellence représente une charge de travail considérable, mais elle se dit «chanceuse d'avoir une certaine facilité scolaire qui me permet de combiner mon sport et mes études».
Regard vers l'avant
L’équipe masculine des Carabins a de hautes ambitions et ses joueurs ne s’en cachent pas.
«L'objectif est de gagner le championnat provincial», déclare Maxime St-Denis en précisant que les quatre meilleures équipes du classement «sont d'un calibre semblable: il ne faut jamais en prendre une à la légère».
Antoine Cazabon pousse la projection plus loin: «Notre objectif ultime est de remporter les championnats nationaux et, si l’on parvient à être un peu plus constants, on peut passer à un autre niveau.»
Du côté féminin, le discours est plus mesuré, mais la confiance est réelle.
«On a énormément de talent, résume Naomi Babii. Il ne reste qu'à l’exercer.» Pour Julia Lanthier, il importe de préserver ce qui fait l'essence de ce groupe. «À titre de capitaine de l’équipe, je veux continuer à transmettre le plaisir de jouer, être celle qui dégage cette énergie-là», observe-t-elle. Ilona Millan renchérit avec optimisme: «J'aime l'adversité, j'aime la difficulté, les défis et, ensemble, on va réussir à les affronter avec le sourire.»
En somme, dans les deux vestiaires, les formations partagent la même conviction au seuil des séries éliminatoires: quand chaque match deviendra un rendez-vous sans lendemain, c'est la force du groupe qui les fera avancer!