Séries au volleyball féminin et masculin: l'esprit de famille règne chez les Carabins

En 5 secondes À l'approche des séries éliminatoires, les volleyeurs et volleyeuses des Carabins misent sur la force du collectif, conférée par une saison de sacrifices partagés et de moments marquants.
Les équipes féminine et masculine de volleyball des Carabins à l'entraînement, en vue des séries éliminatoires qui débutent le 20 février.

C’est officiel: les équipes féminine et masculine de volleyball des Carabins de l'Université de Montréal amorceront les séries éliminatoires le 20 février! 

La saison s'est conclue ce weekend pour les deux formations. L'équipe masculine, qui a terminé au premier rang du circuit universitaire, affrontera les Reds de l'Université du Nouveau-Brunswick les 20 et 21 février. Du côté féminin, une victoire le 13 février contre les Piranhas de l'École de technologie supérieure, jumelée à la défaite des Citadins de l'UQAM face au Vert et Or de l'Université de Sherbrooke, a permis aux Carabins de grimper au troisième rang du classement. Elles croiseront le fer avec le Rouge et Or de l'Université Laval en demi-finale du Réseau du sport étudiant du Québec, également les 20 et 21 février. 

Voici un tour d'horizon de l'état d'esprit des Carabins à partir d'entrevues réalisées fin janvier, après une saison forte en émotions et en camaraderie.

Une demi-finale gravée dans les mémoires

Lorsqu’on demande aux joueuses des Carabins quel est leur meilleur souvenir de la saison, la réponse vient sur-le-champ: la demi-finale du championnat canadien de l'an dernier contre les Pandas de l’Université de l'Alberta. «Personne ne s'y attendait: on perdait 10 points à chaque manche, mais on mettait les bouchées doubles et l’on remontait. On faisait les bons changements et tout le monde apportait son énergie, autant sur le banc que sur le terrain», rappelle Charlotte Gallant, centre de troisième année et étudiante en enseignement et adaptation scolaire. 

Le Québec n'avait pas décroché de médaille nationale en volleyball féminin depuis une décennie. Cette victoire en trois manches, arrachée contre les premières classées du tournoi, a changé quelque chose dans l'identité du groupe. Pour Ilona Millan, libéro et étudiante en criminologie, ce tournoi a révélé une dimension que les statistiques ne captent pas toujours. «Ça nous a vraiment prouvé que, au-delà des tests physiques, l'esprit d'équipe et le fait de ne jamais lâcher jouent énormément. Tout le monde pleurait, tout le monde était heureux», dit-elle. 

La défaite en finale n'a pas effacé ce sentiment. Julia Lanthier, capitaine de l’équipe et joueuse de centre, parle d'un «moment exceptionnel» qui restera gravé dans sa mémoire. «La demi-finale qu'on a gagnée, sur le plan émotionnel, c'était le sommet de ma carrière», affirme l’étudiante en travail social. 

 

Une place acquise de haute lutte 

Il y a quelques semaines encore, l'accès aux séries n'était pas garanti pour les filles. Quatrièmes au classement du Réseau du sport étudiant du Québec, les Carabins voyaient les Patriotes de l’UQTR les menacer… jusqu’à la victoire du 8 février, qui leur a assuré une place dans les séries. 

«On a accordé beaucoup d'importance à chaque match, car rien n’était encore joué, indique Julia Lanthier.» Charlotte Gallant ajoute: «Notre présence aux séries était incertaine, donc on s’est concentrées sur chaque match pour mettre toutes les chances de notre côté.» 

Naomi Babii, joueuse de troisième année qui étudie en génie biomédical à Polytechnique Montréal, résume bien la situation: «Nous formons une jeune équipe qui est encore en train de se découvrir. Notre but, c’était de retrouver notre identité combative et de gagner tous les matchs qui restaient.»  

De toute évidence, le message a porté! 

Du côté masculin, une famille improbable!

Chez les hommes, le portrait d'équipe est différent, mais l'esprit qui anime la formation est similaire. Maxime St-Denis, passeur de cinquième année qui a grandi dans le volleyball – son père travaille avec Volleyball Ontario et Volleyball Canada –, décrit un groupe atypique.  

«Il n’y a pas un gars de l’équipe qui est censé être le meilleur joueur dans la ligue. On forme un groupe de gars qui ont joué à Ottawa ou en division 2 au cégep, une équipe bizarre en quelque sorte», dit en souriant l’étudiant en éducation préscolaire et en enseignement primaire. 

Selon lui, c’est cette absence de hiérarchie imposée qui fait la force de la formation. «Tout le monde est équivalent dans l'équipe, tout le monde a sa place et chacun peut apporter quelque chose, poursuit-il. Ce qu'on a bâti cette année, c'est vraiment l'éthique de travail et l'idée de famille et, jusqu’à maintenant, ça fonctionne super bien.» 

L’hiver dernier, l’équipe a pris part à un tournoi international au Maroc, qui a eu pour effet de cimenter les liens du groupe. Pour Hugo Considère, ailier droit originaire de Gatineau qui étudie en éducation physique, cette expérience a donné une autre dimension à son sport. «J’ai pris conscience que le volleyball peut mener loin et contribuer à former un esprit de corps entre nous», souligne-t-il. 

Natif de Val-d’Or, l’ailier de troisième année Guillaume Samson abonde dans le même sens. «C’est un voyage que je vais me rappeler longtemps. On a joué contre les meilleures équipes du Maroc, on a visité le pays, on a passé le jour de l'An là-bas. C'était une expérience folle!» soutient l’étudiant en histoire. 

 

Des sacrifices, mais aussi des ancres 

Derrière le succès remporté par les deux équipes de volleyball représentant l’UdeM, il y a le quotidien où se succèdent les entraînements, les séances de musculation, les cours, les travaux, les examens…  

Aîné d'une famille de quatre garçons, Guillaume Samson étudie surtout le soir. Il enchaîne les sessions à titre d'«étoile académique», porté par le désir de montrer l'exemple à ses frères. «Ça m'aide à fournir plus d'efforts parce que je veux les rendre fiers», confie-t-il. 

Antoine Cazabon, étudiant de troisième année en design industriel ayant grandi à Ottawa, voit dans le volleyball une quête d'excellence qui complète ses études. «C'est un sport très technique qui demande de prêter une grande attention aux détails, remarque-t-il. Ça me donne une porte pour sortir un peu des études et pour exceller ailleurs.» 

Du côté féminin, Ilona Millan, qui joue au volleyball depuis l'âge de 10 ans, ne conçoit pas sa vie étudiante sans le sport. «J'aurais de la difficulté à aller à mes cours si je ne devais pas suivre des entraînements après, assure-t-elle. Les études me motivent à jouer et le volleyball me motive à étudier!»  

Pour sa part, Julia Lanthier affirme que le volleyball l'a rendue «organisée à un point que je n'aurais jamais atteint autrement». 

Naomi Babii, quant à elle, reconnaît qu’étudier tout en jouant dans une équipe d’excellence représente une charge de travail considérable, mais elle se dit «chanceuse d'avoir une certaine facilité scolaire qui me permet de combiner mon sport et mes études». 

 

Regard vers l'avant 

L’équipe masculine des Carabins a de hautes ambitions et ses joueurs ne s’en cachent pas. 

«L'objectif est de gagner le championnat provincial», déclare Maxime St-Denis en précisant que les quatre meilleures équipes du classement «sont d'un calibre semblable: il ne faut jamais en prendre une à la légère». 

Antoine Cazabon pousse la projection plus loin: «Notre objectif ultime est de remporter les championnats nationaux et, si l’on parvient à être un peu plus constants, on peut passer à un autre niveau.» 

Du côté féminin, le discours est plus mesuré, mais la confiance est réelle.  

«On a énormément de talent, résume Naomi Babii. Il ne reste qu'à l’exercer.» Pour Julia Lanthier, il importe de préserver ce qui fait l'essence de ce groupe. «À titre de capitaine de l’équipe, je veux continuer à transmettre le plaisir de jouer, être celle qui dégage cette énergie-là», observe-t-elle. Ilona Millan renchérit avec optimisme: «J'aime l'adversité, j'aime la difficulté, les défis et, ensemble, on va réussir à les affronter avec le sourire.» 

En somme, dans les deux vestiaires, les formations partagent la même conviction au seuil des séries éliminatoires: quand chaque match deviendra un rendez-vous sans lendemain, c'est la force du groupe qui les fera avancer!

Pour encourager nos équipes de volleyball

Vous désirez encourager les équipes de volleyball des Carabins durant les séries? Vous pourrez le faire en assistant aux matchs ou en les regardant en direct sur YouTube. 

Les dates et horaires sont ici pour l'équipe féminine et pour l'équipe masculine.

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