Pendant deux jours, des membres du corps professoral, des doctorants praticiens et doctorantes praticiennes participeront à l’Université de Montréal à des ateliers, panels et discussions sur les mécanismes concrets de l'action publique: commissions parlementaires, relations avec les médias, rédaction de notes de breffage, cartographie des acteurs d'influence et préparation à des interventions publiques.
Une formule encore rare dans le milieu universitaire
Inspirée des formations intensives offertes dans certains milieux professionnels, l’activité mise sur une approche pratique, immersive et interdisciplinaire. Plutôt qu'un colloque traditionnel, il s'agira de plonger les participantes et participants dans les réalités concrètes de l'influence et de la décision publique.
Pour Véronique Hivon, professeure invitée au Département de science politique de l’UdeM, chercheuse praticienne à la Maison des affaires publiques et internationales et initiatrice de l'évènement, cette formule répond à un besoin grandissant: mieux préparer les universitaires à interagir avec les organisations publiques sans renoncer aux exigences de la recherche. L'ancienne ministre ouvrira d’ailleurs la rencontre en prononçant une conférence intitulée «Décider et influencer en situation réelle».
«En arrivant en politique, j'ai rapidement constaté que les ponts entre le milieu de la recherche et celui des politiques publiques étaient peu établis, dit-elle. Puis, en intégrant l'Université en 2023, j'ai vu que, pour plusieurs professeurs et professeures, chercheurs et chercheuses, les mécanismes de prise de décision publique et les façons d'y contribuer demeuraient étrangers. C'est de là qu'est née l’idée d’une formation intensive pour démystifier ces processus.»
Le nombre des inscriptions témoigne de l'intérêt pour ce type de formation. Le fait que l’activité affichait complet plusieurs semaines avant sa tenue – il est toujours possible de s'inscrire sur la liste d'attente – indique que de plus en plus d'universitaires souhaitent réfléchir à la portée publique de leurs travaux.
Pour Simon St-Georges, conseiller scientifique à la Maison des affaires publiques et internationales et coordonnateur scientifique de la Chaire Trottier sur la transition énergétique, la gouvernance et la participation publique, l'objectif dépasse largement la simple vulgarisation scientifique.
«Il ne s'agit pas seulement d'aider les universitaires à mieux communiquer leurs recherches – ce qui est déjà offert sous plusieurs formes à l'UdeM –, mais de leur permettre de mieux comprendre les contraintes, les attentes et les façons de faire des personnes qui travaillent au cœur des politiques publiques», observe-t-il.
Il souligne également l'importance de les aider à trouver une posture adaptée à la réalité universitaire, déjà très exigeante, et à acquérir une capacité d'intervention dans l'espace public.