Une formation pour rapprocher la recherche et l'action publique

En 5 secondes L’UdeM tiendra une activité «Sciences politiques publiques» pour aider sa communauté à mieux intervenir dans l’espace public et les débats de société.
L’activité réunira une diversité de profils provenant de la politique, des médias et de la haute fonction publique, notamment.

Pendant deux jours, des membres du corps professoral, des doctorants praticiens et doctorantes praticiennes participeront à l’Université de Montréal à des ateliers, panels et discussions sur les mécanismes concrets de l'action publique: commissions parlementaires, relations avec les médias, rédaction de notes de breffage, cartographie des acteurs d'influence et préparation à des interventions publiques.

Une formule encore rare dans le milieu universitaire

Inspirée des formations intensives offertes dans certains milieux professionnels, l’activité mise sur une approche pratique, immersive et interdisciplinaire. Plutôt qu'un colloque traditionnel, il s'agira de plonger les participantes et participants dans les réalités concrètes de l'influence et de la décision publique.

Pour Véronique Hivon, professeure invitée au Département de science politique de l’UdeM, chercheuse praticienne à la Maison des affaires publiques et internationales et initiatrice de l'évènement, cette formule répond à un besoin grandissant: mieux préparer les universitaires à interagir avec les organisations publiques sans renoncer aux exigences de la recherche. L'ancienne ministre ouvrira d’ailleurs la rencontre en prononçant une conférence intitulée «Décider et influencer en situation réelle». 

«En arrivant en politique, j'ai rapidement constaté que les ponts entre le milieu de la recherche et celui des politiques publiques étaient peu établis, dit-elle. Puis, en intégrant l'Université en 2023, j'ai vu que, pour plusieurs professeurs et professeures, chercheurs et chercheuses, les mécanismes de prise de décision publique et les façons d'y contribuer demeuraient étrangers. C'est de là qu'est née l’idée d’une formation intensive pour démystifier ces processus.»

Le nombre des inscriptions témoigne de l'intérêt pour ce type de formation. Le fait que l’activité affichait complet plusieurs semaines avant sa tenue – il est toujours possible de s'inscrire sur la liste d'attente – indique que de plus en plus d'universitaires souhaitent réfléchir à la portée publique de leurs travaux.

Pour Simon St-Georges, conseiller scientifique à la Maison des affaires publiques et internationales et coordonnateur scientifique de la Chaire Trottier sur la transition énergétique, la gouvernance et la participation publique, l'objectif dépasse largement la simple vulgarisation scientifique.

«Il ne s'agit pas seulement d'aider les universitaires à mieux communiquer leurs recherches – ce qui est déjà offert sous plusieurs formes à l'UdeM –, mais de leur permettre de mieux comprendre les contraintes, les attentes et les façons de faire des personnes qui travaillent au cœur des politiques publiques», observe-t-il.

Il souligne également l'importance de les aider à trouver une posture adaptée à la réalité universitaire, déjà très exigeante, et à acquérir une capacité d'intervention dans l'espace public.

Des voix issues d’horizons multiples

L’activité réunira une grande diversité de profils venant de la politique, des médias, de la haute fonction publique, du milieu communautaire et du monde universitaire. Parmi les personnalités invitées figurent notamment l'ancien chef de l'opposition officielle du Canada Thomas Mulcair, le recteur de l'Université de Montréal Daniel Jutras, la correspondante parlementaire du Devoir Marie-Michèle Sioui, le journaliste de Radio-Canada Étienne Leblanc, l'ancienne sous-ministre Marie Gendron ainsi que Michel Audet, ancien sous-ministre et diplomate québécois.

La programmation fera également une large place aux universitaires dont les travaux ont eu une influence concrète dans le débat public, comme Laurence Bherer en science politique, Sébastien Sauvé en chimie environnementale et Normand Mousseau, professeur de physique et directeur scientifique de l'Institut de l'énergie Trottier. Leur présence illustre une conviction portée par la Maison des affaires publiques et internationales: les enjeux de politiques publiques ne concernent pas uniquement les spécialistes de science politique ou d'administration publique. Les questions climatiques, énergétiques, sanitaires, sociales ou technologiques nécessitent des expertises multiples.

«La formation rassemblera des spécialistes issus des affaires publiques, des médias, de l'État et de la société civile ainsi que des universitaires qui souhaitent mieux faire circuler leurs savoirs dans les lieux où se prennent les décisions», mentionne Simon St-Georges.

Il y voit aussi «un espace rare d'échange entre collègues de l'Université rattachés à différents départements, écoles et facultés, mais motivés par un même désir de contribuer à la société civile».

Une mission au cœur de la Maison

Avec cette initiative, la Maison des affaires publiques et internationales poursuit sa mission: créer des ponts entre la recherche universitaire et les milieux de pratique. La formation s'inscrit dans une série d'activités autour du transfert des connaissances, du dialogue entre chercheurs et décideurs et de la place des universités dans les débats publics dans une perspective résolument non partisane.

«Le milieu de la recherche a énormément à offrir à la société et aux décideurs, affirme Véronique Hivon. Il peut jouer un véritable rôle d'éclaireur dans la cité. Encore faut-il que les chercheurs et chercheuses connaissent les mécanismes qui leur permettront de l'assumer pleinement. J'espère que cette activité leur donnera des outils, mais aussi l'envie de s'engager davantage dans l'espace public.»

Ainsi, au-delà des outils proposés, les organisateurs espèrent surtout favoriser une réflexion collective sur le rôle public des universitaires, à une époque marquée par la circulation rapide de l'information, la complexification des enjeux sociaux et la montée des attentes à l’égard de l'expertise scientifique.

L'activité affiche complet. Si vous souhaitez vous inscrire sur la liste d’attente, veuillez écrire à maison-api@fas.umontreal.ca.

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