Depuis 27 ans, Sandro Echaquan est infirmier dans sa communauté de Manawan. En côtoyant de nombreuses infirmières, autochtones ou non, il a pu constater la rareté des formations offertes pour mieux soigner les membres des communautés des Premiers Peuples. «Il existait quelques formations au privé, mais j’avais une vision à long terme, soit de mettre sur pied des formations universitaires créditées qui pourraient éventuellement mener à un baccalauréat, à une maîtrise ou, qui sait? à un doctorat», relate-t-il.
Professeur à la FSI depuis 2021, il est à l’origine de deux microprogrammes de premier cycle en santé autochtone, adaptés aux réalités et aux besoins de ces communautés éloignées ou en milieu urbain. S’adressant d’abord aux infirmières et infirmiers désireux de pratiquer en dehors des grands centres, ces microprogrammes, donnés en formule hybride, peuvent devenir «une porte d’entrée pour le baccalauréat en sciences infirmières – formation intégrée DEC-BAC», souhaite Marjolaine Héon, vice-doyenne aux études de premier cycle à la faculté. Les deux microprogrammes, créés grâce à un financement du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec, seront offerts à partir de la session d’hiver 2027 et les inscriptions seront ouvertes dès juin prochain.
De la prévention aux soins
Le microprogramme en santé communautaire de 14 crédits vise à outiller le personnel infirmier pour travailler en promotion de la santé et agir sur les déterminants sociaux de la santé (logement, sécurité alimentaire, maladies chroniques, etc.). Le microgramme en soins critiques de 15 crédits, quant à lui, forme à une pratique autonome dans les soins d’urgence ou intensifs – incluant l’accompagnement en transport d’urgence. En effet, dans les communautés éloignées, les infirmières et infirmiers jouent un rôle de premier plan. «Ils sont souvent les seuls professionnels sur place; ils assurent la garde le soir, la nuit, la fin de semaine», note Sandro Echaquan.
Conçus en parallèle de la refonte du Référentiel de compétences des infirmières et infirmiers dans les communautés Premières Nations du Québec de la faculté, ces deux microprogrammes ont été élaborés en collaboration avec des infirmières et infirmiers experts autochtones et alliés, de même qu’un comité-conseil qui réunit des personnes autochtones et alliées issues d’organisations clés de communautés des Premiers Peuples et de la santé. «Il était important d’intégrer les connaissances et la vision des gens de ces milieux et de reconnaître le contexte particulier autochtone, dans la continuité de l’adoption du Principe de Joyce par la faculté», souligne Sandro Echaquan. Les formations sont notamment modulées dans le respect du calendrier qui rythme la vie des communautés autochtones.