Au moment où le Canada entre en guerre en septembre 1939, Marguerite Hogue-Charlebois, étudiante en sciences à l’Université de Montréal, ne sait pas encore que ses années d’études seront marquées au fer par le conflit. Dans un milieu universitaire alors massivement masculin, elle compte parmi les rares femmes inscrites dans une filière scientifique, sur un campus marqué par la logique martiale et où la crainte de la conscription – ravivée par le souvenir de la Première Guerre mondiale – est encore présente.
Son témoignage – celui de l’unique ancienne étudiante encore vivante qu’il a pu passer en entrevue – ouvre la thèse de doctorat que Jeremy John Walling a récemment soutenue, sous la direction de Carl Bouchard, professeur au Département d’histoire de l’UdeM.
Son travail de recherche porte sur l’expérience vécue au sein de quatre établissements d’enseignement supérieur, de 1938 à 1948, soit l’Université McGill, l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université Bishop’s.
Son récit condense les tensions qui structurent l’ensemble de son travail de recherche: la pression de l’État sur les universités, la résistance passive de certains acteurs, et la coexistence d’attitudes et de valeurs contradictoires face au conflit.