Bob Rae prendra la présidence du Conseil d’orientation du CÉRIUM

En 5 secondes Ex-ambassadeur du Canada aux Nations unies, Bob Rae estime que la recherche universitaire est essentielle pour faire face aux grands conflits mondiaux.
Bob Rae

Le monde est aujourd’hui plus dangereux qu’en 2020, lorsque Bob Rae arrivait à New York pour représenter le Canada à l’Organisation des Nations unies (ONU). Pourtant, l’ex-diplomate refuse de baisser les bras. «Il ne faut pas lâcher, comme on dit au Québec!» lance celui qui deviendra président du Conseil d’orientation du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM).

Guerre au Moyen-Orient, invasion russe en Ukraine, crises au Soudan et en Haïti… Les conflits armés atteignent aujourd’hui un nombre record depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, selon plusieurs observatoires internationaux. «Nous avons besoin de personnes prêtes à mener des recherches rigoureuses pour influencer les politiques mondiales et améliorer la condition humaine», soutient l’ancien ambassadeur du Canada aux Nations unies dont le mandat de cinq ans a pris fin en novembre dernier.

Connu pour son franc-parler, Bob Rae a plaidé pour une réforme en profondeur de l’ONU avant de quitter ses fonctions. Celui qui a aussi été président du Conseil économique et social de l’ONU (2024-2025) a appelé les États membres à respecter leurs engagements financiers. L’Organisation traverse une grave crise budgétaire. Son secrétaire général, António Guterres, a même évoqué un risque d’«effondrement» en raison, notamment, des compressions américaines.

Sur son radar: les réfugiés

Le financement sera crucial pour répondre à ce que Bob Rae considère comme l’un des plus grands défis de la prochaine décennie: la situation des personnes déplacées et réfugiées à l’échelle mondiale. Les guerres, les changements climatiques et des conditions économiques difficiles pousseront des millions de personnes supplémentaires sur les routes de l’exil. Elles sont déjà près de 120 millions, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés.

«Le monde n’est pas encore prêt à accueillir autant de réfugiés et d’immigrants qu’il le faudrait», observe-t-il.

Avant d’être ambassadeur, Bob Rae a été envoyé spécial du Canada au Myanmar. Dans un rapport intitulé Dites-leur que nous sommes humains, il a formulé une série de recommandations sur les actions à entreprendre. Il a ensuite élargi son mandat en devenant envoyé spécial pour les enjeux humanitaires et des réfugiés, contribuant à une réponse internationale coordonnée aux déplacements forcés.

Un atout pour le CÉRIUM

«Je garde espoir. C’est un devoir pour moi. Je ne réussirai pas à promouvoir des politiques plus ouvertes et humaines en devenant pessimiste», souffle Bob Rae. Son espoir s’appuie notamment sur les liens qu’il entretient avec le monde universitaire.

Car Bob Rae a fait de brillantes études supérieures: il a reçu une prestigieuse bourse Rhodes qui lui a permis d’étudier la politique à l’Université d’Oxford.

Ancien premier ministre de l’Ontario (1990-1995) et ex-chef intérimaire du Parti libéral du Canada (2011-2013), il est aujourd’hui distinguished fellow à la Munk School of Global Affairs and Public Policy de l’Université de Toronto et Matthews Faculty Fellow à la School of Policy Studies de l’Université Queen’s.

«Le CÉRIUM est privilégié de pouvoir bénéficier du leadership de Bob Rae. Diplomate et leader politique chevronné, il est difficile d'imaginer une personnalité mieux placée pour contribuer à la stratégie du Centre et renforcer son rayonnement», indique la directrice scientifique du CÉRIUM, Laurence Deschamps-Laporte.

Le 1er mai, Bob Rae prendra officiellement la présidence du Conseil d’orientation du CÉRIUM avec l’ambition de rapprocher encore davantage le monde universitaire et les grands enjeux internationaux.

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