Découverte d’une nouvelle espèce de méduse préservée dans des fossiles paléozoïques

En 5 secondes Des scientifiques de l’UdeM et de l’Université McGill ont identifié une nouvelle espèce de méduse fossile, une découverte rare qui éclaire l’évolution des organismes à corps mou.
Représentations artistiques de Paleocanna tentaculum sous forme d'organismes vivants: représentation de polypes isolés vivant dans des tubes individuels, ainsi que de grappes de deux ou trois tubes reliés entre eux.

Une équipe de recherche canadienne qui étudiait des fossiles vieux de 450 millions d’années, découverts près de Québec, a identifié une nouvelle espèce de médusozoaire basal: Paleocanna tentaculum, un polype tubulaire à corps mou muni d’une couronne de tentacules.

Étroitement apparentée aux méduses modernes, l’espèce a été mise au jour à partir de fossiles trouvés à environ 50 km au nord-est de la capitale québécoise. Il s’agit d’une découverte rare: seules quelques autres espèces de ce sous-embranchement ont été décrites dans les archives fossiles.

Ces fossiles ont probablement été préservés lors d’un enfouissement soudain dans le fond marin, à l’ère paléozoïque, lorsque de fines couches de boue ont rapidement recouvert les organismes, protégeant leurs restes des charognards et des perturbations environnementales.

Cette découverte, réalisée par des chercheurs et chercheuses de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, est relatée dans une étude publiée en février dans le Journal of Paleontology.

«Comme plusieurs polypes sont alignés dans la même direction, nous pensons qu’ils ont été enfouis sur place ou qu’ils n’ont pas été transportés sur une grande distance avant leur enfouissement», explique l’auteure principale de l’étude, Greta Ramirez-Guerrero, doctorante à l’UdeM sous la direction du professeur de biologie Christopher B. Cameron.

«Cet enfouissement rapide, combiné avec de faibles concentrations d’oxygène dans l’environnement, a ralenti la décomposition et favorisé la préservation des organismes avant que les sédiments se transforment en roche», ajoute-t-elle.

Les organismes à corps mou se conservent moins bien que ceux à structures dures, ce qui confère une grande valeur aux fossiles de ce type pour la compréhension de l’histoire de la vie, souligne le coauteur Louis-Philippe Bateman, étudiant des cycles supérieurs en biologie à l’Université McGill.

La découverte met également en lumière l’importance du patrimoine fossilifère du Québec, mentionne-t-il.

«Je me suis souvent surpris à dire que notre registre fossile était moins spectaculaire que celui de la Colombie-Britannique ou de l’Alberta, poursuit Louis-Philippe Bateman. Des découvertes comme celle-ci montrent qu’il reste encore beaucoup à découvrir et à décrire ici.»

Un site exceptionnellement riche

Les fossiles ont été dégagés à Saint-Joachim, dans la formation de Neuville supérieure des basses terres du Saint-Laurent. Ce secteur compte «parmi les sites fossilifères les plus riches en espèces sur la planète» pour la période ordovicienne de l’ère paléozoïque», indique Christopher B. Cameron.

L’équipe a examiné 15 plaques de calcaire schisteux contenant environ 135 spécimens, dont 39 ont été mesurés et photographiés. Pour les identifier, les scientifiques ont comparé leurs caractéristiques physiques avec celles de 69 autres espèces fossiles et modernes apparentées aux méduses.

Leur analyse révèle que Paleocanna tentaculum est plus proche des méduses actuelles que d’autres lignées anciennes.

Les spécimens fossiles sont conservés au Musée de paléontologie et de l’évolution, à Montréal, où ils feront l’objet de recherches supplémentaires.

«Nous devons rendre hommage à John Iellamo, collectionneur amateur de fossiles reconnu et membre de notre musée, qui a trouvé ces spécimens en 2010 avant de nous les donner, raconte le fondateur du Musée, Mario Cournoyer, coauteur de l’étude. Il a su reconnaître leur importance scientifique et les rendre accessibles à la recherche. Sans lui, nous ne parlerions pas aujourd’hui de cette nouvelle espèce.»

Louis-Philippe Bateman ajoute que le site de Saint-Joachim pourrait encore mener à d’autres découvertes.

«Une fois une nouvelle espèce identifiée, ce type de site continue généralement de livrer du matériel spectaculaire pendant de nombreuses années. Je m’attends donc à d’autres découvertes intéressantes», conclut-il.

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