Une équipe de recherche canadienne qui étudiait des fossiles vieux de 450 millions d’années, découverts près de Québec, a identifié une nouvelle espèce de médusozoaire basal: Paleocanna tentaculum, un polype tubulaire à corps mou muni d’une couronne de tentacules.
Étroitement apparentée aux méduses modernes, l’espèce a été mise au jour à partir de fossiles trouvés à environ 50 km au nord-est de la capitale québécoise. Il s’agit d’une découverte rare: seules quelques autres espèces de ce sous-embranchement ont été décrites dans les archives fossiles.
Ces fossiles ont probablement été préservés lors d’un enfouissement soudain dans le fond marin, à l’ère paléozoïque, lorsque de fines couches de boue ont rapidement recouvert les organismes, protégeant leurs restes des charognards et des perturbations environnementales.
Cette découverte, réalisée par des chercheurs et chercheuses de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, est relatée dans une étude publiée en février dans le Journal of Paleontology.
«Comme plusieurs polypes sont alignés dans la même direction, nous pensons qu’ils ont été enfouis sur place ou qu’ils n’ont pas été transportés sur une grande distance avant leur enfouissement», explique l’auteure principale de l’étude, Greta Ramirez-Guerrero, doctorante à l’UdeM sous la direction du professeur de biologie Christopher B. Cameron.
«Cet enfouissement rapide, combiné avec de faibles concentrations d’oxygène dans l’environnement, a ralenti la décomposition et favorisé la préservation des organismes avant que les sédiments se transforment en roche», ajoute-t-elle.
Les organismes à corps mou se conservent moins bien que ceux à structures dures, ce qui confère une grande valeur aux fossiles de ce type pour la compréhension de l’histoire de la vie, souligne le coauteur Louis-Philippe Bateman, étudiant des cycles supérieurs en biologie à l’Université McGill.
La découverte met également en lumière l’importance du patrimoine fossilifère du Québec, mentionne-t-il.
«Je me suis souvent surpris à dire que notre registre fossile était moins spectaculaire que celui de la Colombie-Britannique ou de l’Alberta, poursuit Louis-Philippe Bateman. Des découvertes comme celle-ci montrent qu’il reste encore beaucoup à découvrir et à décrire ici.»