Une équipe de recherche de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), dirigée par Marie Kmita, professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, a réalisé une avancée importante dans la compréhension des mécanismes qui permettent aux embryons de former correctement leurs membres.
Cette étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, met en lumière le rôle crucial de certains systèmes moléculaires, qui agissent comme de véritables «freins génétiques» et veillent ainsi à ce que les phases du développement se succèdent normalement.
Au début de la formation des membres, certains gènes doivent s’activer pour amorcer le processus. Mais une fois cette première étape franchie, ces mêmes gènes doivent être rapidement désactivés pour laisser place aux programmes génétiques suivants qui parachèvent ce processus. Les travaux de l’équipe démontrent que deux groupes de protéines, appelés complexes Polycomb (PRC1 et PRC2), coopèrent pour bloquer ces gènes au moment opportun.
Chez la souris, les scientifiques ont montré que l’altération d’un de ces systèmes entraîne déjà des anomalies dans l’expression des gènes. Lorsque les deux systèmes sont perturbés simultanément, les conséquences sont majeures: les gènes précoces restent actifs et le développement normal des membres est gravement compromis.