Avec l’intelligence artificielle (IA), on assiste à un véritable changement de paradigme qui demandera autant aux étudiants et aux employeurs qu’aux universités de s’adapter. «On ne peut plus viser la seule formation de travailleurs et de professionnels; on doit plutôt favoriser l’épanouissement des étudiantes et étudiants et faire en sorte qu’ils deviennent les meilleurs humains possibles pour le bien commun», affirme Simon Grenier.
Si l’université reste un endroit privilégié pour développer son esprit critique, c’est d’autant plus vrai dans un monde où l’IA est omniprésente. «Il faut devenir hypercompétent sur un sujet pour pouvoir détecter lorsque l’IA se trompe; l’IA devient alors un outil pour s’élever», suggère-t-il.
Simon Grenier s’interroge également sur ce qui attend les jeunes qui entreront sur le marché du travail. De plus en plus, les entreprises utilisent l’IA pour les tâches habituellement réservées aux postes en bas de l’échelle. «Mais pour atteindre les postes supérieurs, il faut d’abord avoir été débutant!» constate-t-il. Les universités devront réfléchir à ce nouvel état de fait dans la formation des futurs travailleurs. «Elles devront élargir leur vision de l’éducation, au-delà des connaissances et des compétences techniques», poursuit-il.
Un diplôme, mais à quel prix?
Le professeur abordera aussi la question de la santé mentale dans sa conférence. «Est-ce qu’il ne devrait pas y avoir une remise en question plus profonde de la part des organisations? Il faut que les jeunes sortent de l’université avec de bonnes dispositions plutôt qu’épuisés, anxieux, fatigués, alors qu’ils commencent leur vie adulte», croit-il.
Heureusement, plusieurs initiatives et outils conçus à l’UdeM ont été mis en place en ce sens, que ce soit l’application Syntone, élaborée par le professeur de l’École de psychoéducation Steve Geoffrion, le projet InterCom, mené par la professeure Roxane de la Sablonnière, du Département de psychologie, ou encore le Parcours Résilience, porté par Simon Grenier lui-même. Il s’agit d’ateliers qui «permettent de se doter de stratégies et d’outils de prévention pour mieux faire face aux études des points de vue tant de l’efficacité que de la réussite et du bien-être», explique-t-il.
Ces adaptations devront donc se faire sur tous les plans. «Tout le monde doit embarquer et se donner le projet collectif de faire en sorte que les études universitaires puissent former des travailleurs et des humains complets», conclut-il.
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