Une seule santé: l’UdeM active dans la sphère publique internationale

En 5 secondes Par sa participation au One Health Summit en France, l’Université de Montréal poursuit sa stratégie d’influence dans la sphère publique internationale.
La tour du pavillon Roger-Gaudry

L’Université de Montréal a pu exercer son influence dans la sphère publique internationale au début d’avril au cours du One Health Summit, tenu à Lyon, dans le contexte de la présidence française du G7. Il a accueilli, en plus de scientifiques, des représentants d’une cinquantaine de pays, d’organisations internationales et régionales, d’entreprises et d’organismes de la société civile. L’évènement visait à accélérer la mise en œuvre d’Une seule santé.

«L’UdeM est maintenant très présente à l’international, auprès de différents partenaires, pour contribuer à l’effort de réflexion autour de la mise en œuvre d’Une seule santé, s’est réjouie Valérie Amiraux, vice-rectrice au communautaire, à l’international et aux Premiers Peuples. La participation de l’UdeM à ce sommet, et nous l’espérons à d’autres à venir, est un exemple de diplomatie scientifique: assurer la présence de la science et des réseaux scientifiques dans les arènes internationales de la décision publique.»

L’approche transdisciplinaire Une seule santé pense comme un tout la santé des humains, la santé des animaux et la santé des écosystèmes pour répondre de manière collective, responsable et durable à un ensemble d’enjeux globaux, complexes et interreliés: changements climatiques, crises sanitaires, perte de biodiversité, inégalités sociales et territoriales, insécurités alimentaires, et ce, dans une perspective de bien commun.

Une vision large de l’approche 

C’est le comité organisateur du One Health Summit qui a sollicité l’expertise de l’UdeM dans ce domaine en janvier dernier. La délégation de l’UdeM comptait d’ailleurs plusieurs membres du corps professoral qui ont participé à l’élaboration des 47 recommandations scientifiques du colloque One Health, One Science, qui a eu lieu dans la foulée du sommet.

Ces recommandations déclinent les actions souhaitables quant à différents thèmes comme les maladies infectieuses émergentes, la résistance aux antimicrobiens, la pollution et les systèmes alimentaires durables. Elles ont été formulées en reconnaissant le rôle clé de l’interopérabilité des données: la mise en œuvre d’Une seule santé transforme en profondeur les façons de penser, de collecter et de partager les données, qui doivent permettre de nouveaux types de suivis intégrés sans perdre de vue les dimensions éthique et équitable, le tout dans un ancrage local et dans un esprit de coconstruction avec l’ensemble des parties prenantes des politiques qui seront mises en place.

«Le One Health Summit a réuni des décideurs et des scientifiques de partout dans le monde, offrant à l’UdeM une tribune stratégique pour faire valoir sa vision élargie d’Une seule santé, a souligné Luc Stafford, vice-recteur adjoint à la recherche et à l’innovation, secteur Nature et technologies. Au-delà des maladies infectieuses, cette approche intègre des enjeux comme la pollution, la sécurité alimentaire, la gouvernance, le partage des données et le rôle des sciences humaines et sociales dans le passage du concept à l’action.»

Opérationnaliser Une seule santé

L’un des défis d’Une seule santé est d’engendrer le passage à l’action sur le terrain. Parmi les quelques universités au Canada qui rassemblent toutes les expertises essentielles de l’approche, l’UdeM est bien placée pour y travailler. Deux de ses professeures, Hélène Carabin et Cécile Aenishaenslin, ont d’ailleurs contribué au rapport de la Lancet One Health Commission, dont l’objectif est de faire des recommandations aux décideurs politiques, des travaux qui s’inscrivent en complémentarité avec ceux du sommet de Lyon.

«Il faut une meilleure diffusion de l’information auprès d’un public plus large que celui des spécialistes de la question, a déclaré Valérie Amiraux. Par exemple, la gestion du verdissement d’une ville pour multiplier les îlots de fraîcheur ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la façon dont cette amélioration s’accompagne d’une diversification de la faune qui peuplera ces nouveaux espaces verts: verdir une ville, c’est aussi penser à la potentielle exposition de certains segments de la population, comme les enfants et les aînés, à de nouveaux risques pour leur santé. Avec Une seule santé, il ne s’agit donc pas de penser à l’environnement, aux animaux et aux humains séparément, mais à l’interconnexion entre ces systèmes.»

Cette interconnexion peut aussi s’appliquer au domaine de l’alimentation. «C’est l’un des sujets sur lequel nous avons probablement la plus forte traction scientifique», a dit la vice-rectrice. L’UdeM peut en effet rassembler des vétérinaires, des nutritionnistes, du personnel infirmier, des psychologues, des juristes et des travailleurs sociaux qui, ensemble, peuvent aider à traduire en politiques publiques le fait que l’alimentation est un enjeu majeur de santé publique, a-t-elle conclu.

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