Deux nouveaux fonds philanthropiques ont été constitués au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal. Annoncés à l’assemblée générale du département, le 21 mai, ces fonds ont vu le jour grâce à la générosité de la Dre Hélène Boisjoly, professeure émérite et ancienne doyenne de la Faculté de médecine, du Dr Hugues Cormier, professeur honoraire, et du Dr Pierre Lalonde, professeur émérite.
Leur contribution permettra d’appuyer des initiatives qui favorisent l’avancement des connaissances, l’amélioration des soins et l’élaboration d’approches novatrices en phase avec les défis actuels en santé mentale.
«Les besoins en santé mentale sont en croissance, les trajectoires des patients sont de plus en plus complexes et les équipes font face à une pression importante. Dans ce contexte, la philanthropie joue un rôle clé pour explorer de nouvelles avenues et soutenir des projets porteurs au bénéfice des patients», a souligné le doyen de la Faculté de médecine, Patrick Cossette.
Méditer, écrire, apaiser
Le Fonds Hugues-Cormier et Hélène-Boisjoly – Méditer, écrire, apaiser vise à promouvoir la relève en psychiatrie dans une perspective à la fois préventive, innovatrice et humaniste.
Inspiré par l’importance de la vie intérieure dans le développement personnel et le développement professionnel, il soutiendra des initiatives liées à l’écriture et à la méditation comme outils de réflexion, de mieux-être et de compréhension de soi.
«La vie intérieure – ce flot de pensées, de souvenirs, de projets, de ressentis émotionnels et corporels qui se font et se défont en permanence au plus profond de soi – est une source extraordinaire d’enseignements pour se connaître, se comprendre, bien conduire son existence et s’apaiser», a expliqué le Dr Cormier.
Le Fonds s’inscrit dans le prolongement du Centre Présence en médecine intégrative, créé il y a plus de 10 ans à la Faculté de médecine, lui-même héritier de l’Unité de psychiatrie sociale et préventive, fondée par le Dr Cormier à l’Université Laval il y a près de 40 ans.
Le premier financement accordé par ce fonds l’est à la Dre Ouanessa Younsi, professeure adjointe de clinique au Département de psychiatrie et d’addictologie, psychiatre et écrivaine. Grâce à ce soutien, renouvelable, qui s'étendra sur une période de quatre ans, elle pourra poursuivre ses activités de recherche-création et de rayonnement. Reconnue pour son regard sensible et lucide sur le monde de la médecine, elle explore dans ses écrits les dimensions humaines de la pratique clinique et des soins.
«Je suis allée en médecine, car je voulais changer le monde. En psychiatrie, j’ai compris que je ne le changerais pas, mais que le monde allait me changer et que mon métier était de raconter ce monde qui change et me change chaque jour», a commenté la Dre Younsi.
Soutenir le rétablissement au-delà des symptômes
Le Fonds Pierre-Lalonde vise quant à lui à soutenir des projets de recherche en réinsertion sociale et en réhabilitation destinés aux personnes vivant avec la schizophrénie. Il permettra notamment de concevoir des programmes d’inclusion pour mieux les accompagner afin qu’elles puissent déployer leur plein potentiel.
Car si les traitements permettent aujourd’hui de mieux traiter les symptômes de la maladie, plusieurs personnes continuent de faire face à des obstacles importants lorsqu’elles souhaitent reprendre leurs études, intégrer un milieu de travail, retrouver un rôle social ou gagner en autonomie.
«Les premières années de la maladie sont souvent les plus turbulentes, mais le soutien à long terme demeure essentiel. Au-delà de la stabilisation initiale, il faut encore la présence humaine, assidue et durable des intervenants pour maintenir et amplifier les acquis, prévenir le découragement et inciter la personne à continuer d’avancer», a déclaré le Dr Lalonde.
Un levier pour l’avenir
Ces deux fonds témoignent de la volonté de soutenir une psychiatrie qui conjugue excellence scientifique et compréhension de l’expérience humaine.
Par leur générosité, les donateurs contribuent à créer des conditions favorables à l’émergence de projets novateurs qui auront des retombées concrètes sur les soins, la recherche, la formation de la relève et, ultimement, la qualité de vie des personnes vivant avec un trouble de santé mentale.