Stéphane Potvin, professeur au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal, s’intéresse depuis un bon nombre d’années aux signatures cérébrales des comportements violents dans la schizophrénie.
L’objectif n’est pas de réduire la violence à ce qui se passe dans le cerveau, mais de comprendre certains mécanismes biologiques qui pourraient éventuellement mener à de nouveaux outils thérapeutiques.
Lorsqu’il en parle, il apporte d’entrée de jeu une nuance importante: la grande majorité des personnes qui vivent avec un trouble psychotique ne commettent pas de gestes violents. En réalité, elles sont même plus souvent victimes qu’auteures d’actes violents.
Les gens atteints de schizophrénie ou d’un trouble schizoaffectif qui ont un historique de violence physique grave – ayant causé des blessures physiques importantes, parfois avec des objets susceptibles d’entraîner une hospitalisation – constituent ainsi une sous-population particulière. Une frange qui présente fréquemment d’autres facteurs de risque, comme des antécédents de comportements antisociaux dès l’enfance ou des problèmes de toxicomanie.
Pour le professeur, il est essentiel d’éviter tout amalgame entre psychose et violence. «La vaste majorité des gestes violents commis dans la société ne sont pas le fait de personnes qui ont un trouble psychotique», rappelle celui qui est également chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche Eli Lilly sur la schizophrénie.