Au printemps 2020, Paul Mortas fait un baccalauréat multidisciplinaire en psychologie et sociologie et mène une carrière prometteuse avec l'équipe de soccer des Carabins de l'Université de Montréal. Habitué à prendre soin de son corps, il ne s'inquiète pas d'emblée lorsqu'un mal de gorge l'amène à consulter un médecin. Malgré les antibiotiques prescrits, les jours passent et son état se détériore: il ne peut plus manger ni boire, et peine à parler.
«J'étais alors très loin de me douter que j'allais devoir lutter pour rester en vie», confie celui qui raconte cette expérience dans Le ciel est bleu, un livre paru récemment.
Une infection pulmonaire grave
À l’issue d’une première visite à l’urgence, on lui dit de rentrer chez lui. Il y retourne le lendemain dans un état si alarmant qu’il est pris en charge sans délai. Paul Mortas est placé dans un coma artificiel de cinq jours à l’Hôpital général juif, puis transféré à l’Hôpital général de Montréal, où il séjourne un mois au total.
La cause de la maladie ne sera jamais établie: quatre tests de COVID-19 se révèlent négatifs, des abcès se forment dans ses poumons, et des médecins en France comme au Canada effectuent des recherches pendant deux ans sans trouver d’explication. «Ils ont dit que c’était une maladie unique et que c’était un miracle que je sois encore en vie», indique l’ancien défenseur des Bleus.
Ce qui rend l’épreuve encore plus lourde, c’est l’isolement: il est dans sa chambre d’hôpital sans accès à son téléphone, sans visites possibles en pleine pandémie. De surcroît, sa famille est en France, à des milliers de kilomètres…