Renforcer le soutien aux parents immigrants

En 5 secondes La professeure de psychoéducation Sarah Dufour obtient une aide financière de 1,1 M$ sur trois ans pour la création du Centre parentalité, immigration et culture, un partenariat intersectoriel.
Le programme vise notamment à prévenir les difficultés familiales chez les nouveaux arrivants au Québec.

Un programme social piloté par l'Université de Montréal s'agrandit avec la création du Centre parentalité, immigration et culture (CPIC), décrit comme «un partenariat intersectoriel pour renforcer le soutien aux parents immigrants et à leurs enfants».

Le programme vise à promouvoir les compétences parentales et à prévenir les difficultés familiales chez les nouveaux arrivants au Québec. Son expansion est rendue possible grâce à une subvention de 785 000 $ du gouvernement provincial jusqu'en 2029.

À ce financement s'ajoutent 315 000 $ versés par les sept partenaires du projet, parmi lesquels figurent les villes de Montréal et de Laval, pour un total de 1,1 M$.

La subvention du gouvernement du Québec accordée à la professeure de psychoéducation Sarah Dufour fait partie de 11 subventions totalisant 6,3 M$ du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie (MEIE).

Ces subventions font suite à un appel de projets en matière d'innovation sociale lancé au printemps 2025. 

À l'UdeM, ce financement soutiendra l'essor et la viabilité à long terme de l’initiative Espace Parents, mise sur pied par Sarah Dufour en 2016 et qui, de 2022 à 2026, a reçu 1,2 M$ de l'Agence de la santé publique du Canada pour la lutte contre la violence familiale.

Implanté dans près de 70 organismes communautaires à travers le Québec, Espace Parents offre neuf ateliers aux parents immigrants, souvent isolés dans la société d'accueil, qui désirent mieux comprendre le fonctionnement des ressources d’aide québécoises et qui sont prêts à échanger sur leurs expériences.

Au cours de ces séances, mères et pères discutent de sujets aussi variés que l’autonomie et l’expression personnelle des enfants, ainsi que du défi de grandir entre plusieurs cultures. Des stratégies visant à discipliner les enfants de manière positive sont également abordées.

À ce jour, près de 3000 familles immigrantes ont suivi ces ateliers. Plus de 350 intervenants ont été formés pour les animer depuis les débuts de l’initiative.

Autre volet clé du CPIC, l’initiative Espace Intervenants a pour but de renforcer les compétences interculturelles et la capacité à travailler en réseau des organismes communautaires qui accompagnent les familles immigrantes. 

Une nouvelle phase

«Grâce au financement du MEIE, le projet entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de développement stratégique, a déclaré Sarah Dufour. L’objectif est clair: consolider les acquis là où les interventions sont déjà implantées et accroître leur portée dans de nouveaux milieux, au bénéfice des familles immigrantes de toutes les régions du Québec.»

Concrètement, le projet vise à renforcer la capacité d’organismes communautaires à offrir des interventions de qualité, à structurer un modèle provincial d’implantation et de gouvernance d’Espace Parents et à favoriser un meilleur arrimage avec les services existants dans les réseaux locaux de soutien aux familles.

Le CPIC prévoit également des actions soutenues de sensibilisation et de mobilisation auprès des bailleurs de fonds, des décideurs publics et des gestionnaires d’organismes afin d’améliorer durablement la réponse sociale aux réalités des familles immigrantes en trouvant des solutions de financement pérenne pour les initiatives Espace Parents et Espace Intervenants.

«En misant sur la prévention et le renforcement des capacités, notre centre contribue à réduire les vulnérabilités, à améliorer l’intégration sociale des familles et à alléger la pression sur les services spécialisés, notamment ceux de la protection de la jeunesse», a fait valoir Sarah Dufour.

Elle a tenu à rappeler que «les données en santé publique sont éloquentes: chaque dollar investi en prévention permettrait d’économiser de 10 à 100 $ en coûts de soins de santé à long terme. La valeur de la prévention psychosociale n’est certes pas moindre, considérant les coûts de services psychosociaux tels que la protection de la jeunesse et l’état de ce réseau, où les ressources ne suffisent plus».


De nombreux partenaires

En collaboration avec un comité directeur intersectoriel, Sarah Dufour assure la direction scientifique et stratégique du CPIC, soutenu par un réseau de sept partenaires:

  • la Ville de Montréal;
  • la Direction régionale de santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal;
  • la Ville de Laval et la Direction de santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval;
  • l’Institut universitaire Jeunes en difficulté du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal;
  • l’Accueil aux immigrants de l’Est de Montréal;
  • le Centre d’appui aux communautés immigrantes;
  • Recherches appliquées et interdisciplinaires sur les violences intimes, familiales et structurelles. 

Plus de familles immigrantes

  • Au Québec en 2016, 84 % des familles immigrantes vivaient soit à Montréal (59 %), en Montérégie (13 %) ou à Laval (12 %), selon le ministère de la Famille.
  • Depuis 2023, d'autres régions ont enregistré une croissance de population due à des migrations internationales, avec des taux variant de 0,3 à 1,8 %, selon l'Institut de la statistique du Québec.

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