Comment mieux mobiliser les talents doctoraux au service de l’innovation québécoise? C’est la question qui a réuni le 10 juin à l’Université de Montréal l’ensemble des universités québécoises, leurs partenaires stratégiques, des acteurs de l’innovation ainsi que des membres de la communauté doctorante. C’était à l’occasion de la première Journée provinciale de réflexion sur le doctorat de demain.
Cette réflexion survient alors que le Québec fait face à plusieurs défis: vieillissement démographique, transitions numérique et climatique, rareté de main-d’œuvre hautement qualifiée et pression accrue sur la productivité. Dans ce contexte, les organisations ont besoin de personnes capables d’innover, d’intégrer des connaissances complexes et de transformer les idées en solutions concrètes.
Ces talents sont déjà présents au Québec.
Chaque année, plus de 2000 nouveaux diplômés et diplômées du doctorat arrivent sur le marché du travail. Au-delà de leur expertise disciplinaire, ces personnes ont acquis une capacité à résoudre des problèmes complexes, à produire des connaissances nouvelles et à évoluer dans des environnements marqués par l’incertitude.
Leur potentiel demeure pourtant insuffisamment reconnu et exploité dans plusieurs secteurs de l’écosystème d’innovation.
Des talents à mobiliser
Une étude menée par l’Association des doyennes et des doyens des études supérieures au Québec (ADESAQ) auprès de 15 universités québécoises révèle que moins de 20 % des personnes ayant obtenu leur doctorat entre 2014 et 2024 font partie du corps professoral universitaire.
Les autres occupent différents types de postes dans les entreprises privées et le secteur public.
«Les titulaires d’un doctorat représentent une vraie mine d’or pour la société québécoise», souligne Julie Carrier, vice-rectrice adjointe aux études supérieures et postdoctorales de l’UdeM et présidente de l’ADESAQ.
Elle remarque qu’on dit souvent que le Québec n’est pas suffisamment productif et qu’il pourrait être plus innovant. «Sans être l’unique solution, je crois que miser sur ces personnes dotées d’un haut niveau de compétences et mieux les préparer pour qu’elles intègrent directement la chaîne de recherche et d’innovation est une piste intéressante à suivre pour faire progresser notre société», poursuit-elle.