L'été est à nos portes et, avec lui, les journées chaudes et ensoleillées. Alors que l’accès à l’eau est plus important que jamais dans un contexte de réchauffement du climat, d’urbanisation, de diversification des loisirs et, en même temps, d'une amélioration générale de la qualité des eaux, on constate que les rives accessibles se réduisent comme peau de chagrin.
Qu'il s'agisse de rives, de cours ou de plans d'eau, qu’on soit en ville, en banlieue ou à la campagne, l'accès à ces lieux de détente et de divertissement demeure très limité pour la population québécoise.
Selon un nouveau rapport préparé par Sébastien Rioux, professeur au Département de géographie de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie politique de l’alimentation et du bien-être, et Rodolphe Gonzalès, professeur au Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal:
- dans environ 75 % des municipalités du Québec, moins de 1 % des rives sont accessibles;
- au moins la moitié des plans et cours d’eau sont privatisés à plus de 95 %;
- près de 40 % des lacs sont entièrement enclavés par la propriété privée.
Au total, des 48 000 km de rives analysées par les deux experts, moins de 2 % sont accessibles. Que ce soit pour pêcher, faire du canot ou du kayak ou tout simplement admirer la vue, le défi d'accès est de taille, quand l’accès n’est pas tout simplement impossible.
Le rapport offre la première analyse quantitative de l’enclavement des eaux publiques du Québec depuis la reconnaissance juridique du problème à la fin des années 1960. Malgré certaines variations territoriales, le rapport conclut que le Québec est marqué par un enclavement à grande échelle des eaux publiques au sein et à proximité des milieux de vie.
Cela s’exprime avant tout par un très faible taux d’accès public à l’eau. L’emprise de la propriété privée riveraine explique en grande partie l’ampleur du phénomène. Les données des chercheurs confirment, selon eux, l’existence d’un processus très avancé de privatisation des eaux publiques.
En prévision du dévoilement prochain du rapport, nous avons demandé à Sébastien Rioux de faire un résumé de la situation.