Où Oliver Sonnentag se voit-il dans cinq ans?
«C’est une très bonne question», répond ce scientifique des écosystèmes globetrotteur, professeur au Département de géographie de l’Université de Montréal. Tout juste revenu d’un congé sabbatique à l’Université de technologie de Nanyang, à Singapour – qui lui sert de base pour des projets et collaborations en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Indonésie et à Brunei –, Oliver Sonnentag aime garder un emploi du temps chargé.
«Plus je vieillis, plus je m’active», dit-il.
Né et élevé en Allemagne, formé dans ce pays ainsi qu’en Angleterre et en Autriche avant d’obtenir son doctorat à l’Université de Toronto, puis d’effectuer des stages postdoctoraux à l’Université de Californie à Berkeley et à l’Université Harvard, Oliver Sonnentag a été recruté par l’UdeM en 2011 et a occupé la Chaire de recherche du Canada en biogéosciences atmosphériques de 2014 à 2024. Bien qu’il voyage fréquemment dans les pays du Sud, ce chercheur de 51 ans se spécialise dans les différents écosystèmes du Nord canadien.
Son expertise se situe de part et d’autre de la limite forestière: en dessous, le biome boréal avec ses forêts, ses milieux humides et ses tourbières ainsi que ses lacs; au-dessus, le biome arctique avec sa toundra, ses milieux humides et ses lacs. Par l’observation et la modélisation, Oliver Sonnentag étudie comment ce qui se passe dans ces régions éloignées non seulement est influencé par les changements climatiques et les pressions croissantes exercées par les activités humaines sur l’environnement, mais également y contribue.
Fervent défenseur de la recherche menée avec les communautés, il collabore avec des partenaires autochtones dans les Territoires du Nord-Ouest afin de surveiller, par exemple, les conséquences du dégel du pergélisol sur les échanges de puissants gaz à effet de serre comme le méthane – une situation qui, si elle n’est pas contrôlée, pourrait transformer ces terres qui sont un puits de carbone, absorbant plus de dioxyde de carbone de l’atmosphère qu’elles en émettent, en source d’émissions de carbone.