Audrey Laventure et Delphine Bouilly s’ajoutent aux quatre autres titulaires d’une chaire Courtois, dont le but est de stimuler la recherche relativement au projet scientifique de l’Institut Courtois de l’Université de Montréal. Fondé en 2021, l’Institut vise à exploiter les avancées de l’intelligence artificielle (IA) dans la mise au point de nouveaux matériaux. Les chaires, d’une durée de sept ans, sont dotées chacune d’un budget de 100 000 $ par année.
Travailler au carrefour de plusieurs disciplines
Audrey Laventure est professeure au Département de chimie de l’UdeM depuis 2020. Son expertise se situe à la jonction de la chimie physique et de la chimie des matériaux polymères. Elle a fait partie de l’équipe d’idéation autour de la création du futur Institut Courtois. Si la Chaire de recherche du Canada en matériaux polymères fonctionnels qu’elle a obtenue lui a permis d’approfondir ses recherches en chimie, ses travaux à la chaire Courtois stimuleront les collaborations interdisciplinaires. «Je commençais à intégrer l’intelligence artificielle, mais il y avait le potentiel de l’utiliser davantage et ainsi de travailler au croisement de la chimie, de la physique, des mathématiques et de l’informatique, ce que cette chaire Courtois rend possible», raconte-t-elle.
Le financement sur sept ans permettra de concevoir des projets à long terme et de former les étudiants et étudiantes à l’interdisciplinarité. «Ça nous donnera la liberté de prendre des risques», ajoute la chercheuse.
Audrey Laventure poursuivra donc ses recherches qui ont pour objectif d’accélérer la découverte de matériaux polymères fonctionnels, notamment par l’optimisation autonome des paramètres d’impression 3D. «Au lieu d’y aller par essais et erreurs pour comprendre comment un matériau fonctionne, j’aimerais me servir de l’IA pour trouver de quelle manière les imprimer pour obtenir les propriétés voulues», explique-t-elle. L’IA facilitera aussi le design inversé, soit la sélection de matériaux selon les propriétés désirées (conduction électrique, conduction ionique, etc.).
«Je suis très reconnaissante du soutien reçu, qui pourra être utilisé pour créer un espace collaboratif où se côtoieront des collègues et des étudiantes et étudiants», conclut-elle.
Poursuivre la recherche de pointe
Engagée dans la création et la mise sur pied de l’Institut Courtois, Delphine Bouilly en est aussi la directrice adjointe. Grâce à l’obtention d’une chaire Courtois, la professeure du Département de physique de l’Université de Montréal poursuivra son étude des interfaces entre molécules et nanomatériaux.
Au cours des dernières années, Delphine Bouilly a mis en place un programme de recherche interdisciplinaire en vue de créer des capteurs miniaturisés fondés sur les nanomatériaux. «Nos travaux ont soulevé plusieurs questions pour lesquelles l’automation, la mise à l’échelle et l’intelligence artificielle sont critiques. Avec cette chaire, nous serons en mesure d’accélérer le développement de ces capacités», estime-t-elle.
L’obtention d’une chaire Courtois permettra à Delphine Bouilly de continuer ses travaux sur l’assemblage de molécules avec des nanomatériaux comme les nanotubes de carbone ou le graphène, travaux qui font appel autant à la physique des nanomatériaux, à la biophysique et à la chimie des surfaces qu’à l’ingénierie des dispositifs. «Mon objectif est de mettre au point des outils nouveaux pour comprendre et exploiter l’immense complexité des assemblages entre molécules et nanomatériaux, dit-elle. Il y a tellement de configurations envisageables qu’il est impossible de tout tester manuellement, d’où le besoin de nouvelles approches d’automation et d’IA pour explorer efficacement cette complexité.»
L’intégration de l’intelligence artificielle favorisera l’exploration de ces matériaux multidimensionnels, ce qui pourrait mener à la conception de capteurs pour le domaine biomédical, l’agriculture ou la défense. «Cette chaire sera un catalyseur pour accélérer l’intégration de la robotisation, de l’automation et de l’IA dans la physique et la chimie expérimentale. Je souhaite élaborer une approche collaborative et ouverte, où les outils et le savoir-faire que nous produirons pourront être adoptés par d’autres laboratoires de l’Institut Courtois», mentionne-t-elle.