Comprendre le lien entre hépatite C et persistance du VIH

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Des chercheuses de l’UdeM et du CRCHUM montrent que l’hépatite C pourrait favoriser la formation de réservoirs où le VIH persiste malgré les traitements prescrits.
Le virus de l'hépatite C dans le sang

Naglaa Shoukry et Petronela Ancuta, chercheuses de l’axe Immunopathologie au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), un établissement de Santé Québec, apportent un nouvel éclairage sur l’un des plus grands défis de la recherche sur le VIH: comprendre pourquoi le virus demeure présent dans l’organisme malgré les traitements administrés.

Leurs travaux, dont les résultats ont été publiés dans The Lancet eBioMedicine, révèlent que l’hépatite C pourrait contribuer à la formation de réservoirs où le VIH parvient à se cacher pendant de longues périodes, ce qui rend impossible son élimination complète.

Un refuge durable pour le VIH

Les travaux réalisés par Naglaa Shoukry et Petronela Ancuta, également professeures de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, ainsi que leurs équipes démontrent que, chez les personnes infectées par l’hépatite C, certaines cellules immunitaires deviennent plus vulnérables à l’infection par le VIH. Ainsi, ces cellules produisent davantage la protéine CCR5, utilisée par le VIH comme porte d’entrée pour infecter l’organisme. Plus la quantité de virus de l’hépatite C dans le sang est élevée, plus ces cellules semblent facilement accessibles au VIH.

Même après la guérison de l’hépatite C et malgré un traitement antirétroviral efficace, des traces du VIH continuent de persister dans ces cellules. Les résultats de l’équipe de recherche indiquent qu’elles pourraient jouer un rôle important dans le maintien des réservoirs viraux, l’un des principaux obstacles à l’élimination totale du virus.

Cette nouvelle étude met en lumière la façon dont les réservoirs du VIH se forment et se maintiennent dans l’organisme. Elle ouvre ainsi la voie à de nouvelles stratégies visant à mieux cibler les réservoirs du VIH.

En mettant au jour les mécanismes qui permettent au virus de se cacher et de survivre à long terme, la recherche se rapproche d’un objectif poursuivi depuis plusieurs décennies: parvenir un jour à une guérison définitive du VIH.

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