Partenariat des bibliothèques universitaires du Québec: lancement de plateformes novatrices de gestion de l’information

  • Forum
  • Le 11 octobre 2019

  • Emmanuelle Gril
Le lancement de ces trois plateformes marque un jalon important dans l’évolution des bibliothèques universitaires québécoises, car, au-delà des systèmes, c’est un véritable écosystème qui se met en place.

Le lancement de ces trois plateformes marque un jalon important dans l’évolution des bibliothèques universitaires québécoises, car, au-delà des systèmes, c’est un véritable écosystème qui se met en place.

Crédit : Getty

En 5 secondes

Un partenariat entre les bibliothèques universitaires du Québec permettra l’accès à trois nouvelles plateformes de gestion de l’information, dont un guichet partagé par 18 bibliothèques.

Le projet de gestion de l’information en partenariat est issu du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) et de son sous-comité des bibliothèques. Achats regroupés de documentation scientifique, système de prêt entre bibliothèques ou programme de perfectionnement faisaient déjà partie des initiatives mises en place par ce sous-comité et qui illustrent bien l’esprit de coopération qui prédomine entre les bibliothèques universitaires du Québec.

En 2014, on a toutefois décidé d’aller plus loin. «Nous avons convenu d’accélérer le virage vers le numérique et il a été tout naturel de nous regrouper pour le faire», explique Richard Dumont, alors directeur général des bibliothèques de l’Université de Montréal et aujourd’hui retraité. L’objectif? Doter les bibliothèques des universités québécoises de plateformes de gestion de l’information novatrices, ce qui procurera de nombreux avantages tant aux utilisateurs qu’aux universités elles-mêmes.

Dans le cadre de ce partenariat, les utilisateurs vont désormais avoir accès à trois plateformes. Disponible à l’UdeM depuis septembre, Dataverse, un logiciel à code source libre développé par l’Institute of Quantitative Social Science de l’Université Harvard, permet le dépôt et le partage de jeux de données de petite et moyenne tailles. Grâce à cette plateforme, les bibliothèques offrent aux chercheurs universitaires du Québec une architecture de qualité pour décrire, déposer, mais aussi partager s’ils le souhaitent et s’ils le peuvent ‒ conformément aux exigences de certains éditeurs scientifiques et organismes subventionnaires canadiens ‒ des ensembles de données issus de leurs recherches terminées, mettant ainsi en valeur ces sources précieuses et favorisant leur réutilisation.

La plateforme GéoIndex donne accès à des cartes et les photos numériques et géoréférencées. Elle a été lancée à la grandeur du Québec en janvier 2019 et contribue à optimiser la découverte, la visualisation et le téléchargement de données géospatiales. Ces données sont utilisées par les étudiants et les chercheurs de différentes disciplines pour analyser la population, la faune, la flore, ainsi que les relations spatiales entre ces trois éléments et le territoire. Les données contenues dans GéoIndex aident à représenter des objets ou des phénomènes apparaissant à la surface du globe et à en faire l’analyse.

Plateforme de recherche partagée

La Plateforme partagée de services (PPS), troisième nouveauté, constitue une avancée majeure, puisque ce guichet unique offrira une expérience enrichie, conviviale et efficace. «Actuellement, les bibliothèques recourent à des systèmes informatiques différents. Cette plateforme infonuagique permettra aux utilisateurs d’étendre leurs recherches à l'ensemble des bibliothèques universitaires du Québec. Ils pourront aussi emprunter des documents avec leur carte universitaire dans l’ensemble du réseau. La commande de documents auprès des universités partenaires sera simplifiée et il sera également possible d’effectuer automatiquement des recherches bilingues grâce à un système de traduction à la volée», mentionne Richard Dumont, qui ajoute que, présentement, les utilisateurs ne pensent pas nécessairement à faire des recherches dans les deux langues, ce qui les prive de nombreuses sources documentaires.

De plus, cette plateforme partagée reposant sur l’utilisation de technologies émergentes ouvre la voie à un environnement véritablement multilingue, puisqu’à terme d’autres langues que le français et l’anglais seront intégrées. Un étudiant étranger inscrit dans une université québécoise pourrait par exemple effectuer des recherches dans sa langue maternelle.

La possibilité de payer en ligne, une plus grande convivialité et la géolocalisation des documents font en outre partie des autres avantages liés à la mise en œuvre de la PPS.

Le BCI a retenu les Services de gestion WorldShare de l’OCLC ‒ une coopérative mondiale de bibliothèques sans but lucratif ‒ comme plateforme infonuagique de services. Ce choix s’est opéré au terme d’un processus d’évaluation rigoureux qui s’est échelonné sur plus d’un an.

Partage d’expertise

Pour les universités, les avantages seront aussi palpables. Ainsi, elles pourront bénéficier d’économies d’échelle en plus de partager leur expertise. «On parle beaucoup du virage numérique, effectué d’abord avec l’informatisation puis avec la documentation électronique. Le personnel des bibliothèques détient une vaste expertise en gestion de l’information qui, grâce aux économies d’échelle, pourra être réutilisée au profit de la création de nouveaux services. Qu’on pense à la gestion des données de recherche, aux revues systématiques, aux sciences humaines numériques, à la bibliométrie, etc.», illustre Stéphanie Gagnon, nouvelle directrice générale des bibliothèques de l’Université de Montréal.

Le lancement de ces trois plateformes marque un jalon important dans l’évolution des bibliothèques universitaires québécoises, car, au-delà des systèmes, c’est un véritable écosystème qui se met en place. «Partageant des valeurs communes, les 18 partenaires misent sur la collaboration pour se dépasser. Elles placent invariablement les utilisateurs au cœur de leurs décisions, valorisent les engagements durables tout en réconciliant l’intérêt institutionnel et l’intérêt collectif. La vision qui sous-tend le partenariat est le gage de sa réussite!» conclut Richard Dumont.