Venez marcher avec Washington et Trump sur le mont Royal!

  • Forum
  • Le 15 septembre 2020

  • Mathieu-Robert Sauvé
Les participants à la conférence déambulatoire devaient avoir de bonnes chaussures, en plus de leur couvre-visage.

Les participants à la conférence déambulatoire devaient avoir de bonnes chaussures, en plus de leur couvre-visage.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Le CÉRIUM inaugure ses conférences déambulatoires avec l’historien François Furstenberg.

Depuis la présidence de Bill Clinton, à la fin des années 1990, les États-Unis assistent à la radicalisation du Parti républicain, qui culmine avec la campagne électorale de 2020. «Des éléments consensuels comme le droit de vote universel sont désormais menacés par le candidat Donald Trump», commente l’historien François Furstenberg, professeur à l’Université Johns Hopkins, de Baltimore.

Nous sommes à la deuxième halte de la «conférence déambulatoire» organisée par le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM) et le «guide» s’exprime devant un auditoire d’étudiants et d’étudiantes qui, pour la plupart, en sont à leur première année à l’UdeM. Ils se sont inscrits à cette activité pour le sujet du jour, l’histoire des élections présidentielles américaines, mais aussi pour découvrir le campus le long du chemin asphalté qui ceinture le parc du Mont-Royal.

«Vous voyez devant vous la Bibliothèque des lettres et sciences humaines et, sur votre droite, le pavillon Maximilien-Caron, qui abrite la Faculté de droit», mentionne Frédéric Mérand, professeur au Département de science politique de l’UdeM et directeur scientifique du CÉRIUM, qui est de cette première marche. Les administrateurs du Centre ont eu l’idée de ce cycle de conférences intitulé «Les guides du CÉRIUM» durant l’été 2020 et la réponse des chercheurs et chercheuses a été très positive. Plusieurs d’entre eux ont proposé des thèmes à discuter en coton ouaté et souliers de course. Cet enthousiasme a permis d’établir un calendrier diversifié et plein de surprises.

Le rendez-vous se tiendra «beau temps mauvais temps» chaque vendredi à 13 h durant tout le trimestre. Le sujet du 11 septembre, l’histoire des élections présidentielles américaines, a attiré cinq étudiants et étudiantes qui ont porté le couvre-visage et respecté la règle des deux mètres de distance.

Une date dans l’histoire?

Les élections de novembre prochain marqueront-elles l’histoire? «Je crois qu’une victoire serrée d’un camp ou de l’autre pourrait mener à une situation chaotique», confie le conférencier.

Joe Biden, le chef des démocrates, est-il l’homme de la situation? Non, répond sans hésiter l’historien, auteur d’une biographie de George Washington bien reçue par le milieu universitaire, In the Name of the Father: Washington’s Legacy, Slavery, and the Making of a Nation (Penguin Press, 2006). En plus d’être un leader sans charisme, M. Biden n’a pas profité de la mauvaise gestion de la pandémie par le président Trump. Même en pleine crise sanitaire, ce dernier a conservé un taux de popularité dépassant les 40 %.

François Furstenberg, qui a enseigné à l’Université de Montréal avant d’accepter un poste aux États-Unis en 2015, possède trois nationalités: française, américaine et canadienne. Il avoue en introduction de sa conférence qu’il a subi durement le choc de l’élection de 2016, lorsque Donald Trump a accédé à la présidence. Si la tendance au conservatisme a toujours fait partie de la culture politique dans ce pays, elle a atteint son point culminant à ce moment-là.

Après une soixantaine de minutes de conférence en plein air, le petit groupe s’est dispersé lorsqu’il est arrivé au parc Tiohtià:ke Otsira’kéhne, le nouveau nom du Sommet Outremont.

Pour connaître les prochains rendez-vous, il faut consulter le site du CÉRIUM. Les visites sont gratuites, mais la réservation est obligatoire, car le nombre de places est limité à sept, distanciation physique oblige.

  • L'historien François Furstenberg, conférencier en plein air

    Crédit : Amélie Philibert
  • Cours d'histoire politique en temps de pandémie

    Crédit : Amélie Philibert