École d’été du CPU: des professeurs témoignent

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  • Le 14 septembre 2020

  • Catherine Couturier
Crédit : Getty

En 5 secondes

De nombreux membres du personnel enseignant ont suivi l’école d’été du Centre de pédagogie universitaire. Premier d’une série de deux articles qui rend compte de leur expérience virtuelle d’études.

«Sans l’école d’été, je ne sais pas comment je m’en serais sortie», affirme Diane Clermont-Drolet. La chargée de cours du Département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal, qui n’avait pas vécu la transition vers l’enseignement à distance à la session d’hiver, appréhendait la rentrée.

Heureusement, la formation offerte par le Centre de pédagogie universitaire (CPU) de l’UdeM a créé chez elle, comme chez plusieurs, une belle étincelle en lui faisant découvrir une foule d’outils. Le Centre semble avoir prêché par l’exemple, puisque plusieurs parlent de l’école d’été comme d’un modèle de bonne formation en ligne.

Outils et idées

Hélène Trudeau

Crédit : Christian Fleury

Fonctionnalités diverses de StudiUM, outils pour dynamiser les présentations, inclusion de questionnaires sur des vidéos YouTube pour s’assurer qu’elles ont été écoutées: l’école d’été aura permis aux participants et participantes de se mettre à jour. «J’allais surtout chercher des outils sur le plan technique pour ne pas être prise au dépourvu et pour m’informer», confie Hélène Trudeau, qui porte la double casquette de professeure à la Faculté de droit et de vice-doyenne. Celle qui enseigne depuis 30 ans ne donne pas de cours cet automne, mais l’école d’été lui a permis de glaner des idées pour rendre ses futurs cours en ligne plus dynamiques. Comme celle de recourir à l’occasion à la division automatique des étudiants et étudiantes en petits groupes sur Zoom.

Bénédicte Ramade, chargée de cours au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques, a quant à elle vécu la transition subite vers les cours en ligne en mars: «À l’hiver, on a improvisé un peu et c’était chargé émotivement.» La formation estivale offrait un bon moment pour se poser et faire le point. «J’avais besoin d’informations supplémentaires sur les outils et les évaluations en ligne, et je voulais mieux comprendre la potentialité de StudiUM», poursuit-elle. StudiUM permet par exemple aux étudiants et étudiantes de répondre à des questions à court développement directement sur la plateforme, évitant ainsi l’envoi d’examens par courriel sous de multiples formats. Le personnel enseignant peut paramétrer les évaluations pour que les notes soient entrées automatiquement dans le carnet de notes des étudiants et des étudiantes.

Pour ceux et celles qui n’ont pas pu assister à toutes les formations ou qui auraient besoin de se rafraîchir la mémoire, tous les webinaires et les ateliers de l’école d’été ont été placés sur le site du CPU. «C’est la somme des fois où l’on se fait expliquer la matière qui conduit à quelque chose», soutient Mme Trudeau.

Adaptations

Bénédicte Ramade

Les cours en ligne demandent aussi des adaptations quant au rythme des périodes d’enseignement. «On ne peut pas donner trois heures de cours magistral», constate Mme Ramade. Celle-ci pense découper ses cours en «chapitres» d’un maximum de 45 minutes, donner plus de pauses et intégrer les fonctions de sondage sur Zoom, dont elle a découvert l’existence durant l’école d’été. «Sur Zoom, les étudiants et étudiantes n’osent pas poser de questions. Il faut donc essayer de susciter la réactivité», note-t-elle.

C’était aussi le volet «en direct» sur Zoom qui rendait nerveuse Mme Clermont-Drolet, pourtant une habituée des examens en ligne. «Je sais maintenant que les ressources existent, même si je ne les ai pas toutes assimilées», ajoute-t-elle. Elle souhaite ainsi faire l’expérience des sondages lors de ses présentations pour s’assurer de ne pas perdre trop de joueurs lorsque les ventres gargouilleront autour de 17 h.

Le transfert vers la formation en ligne oblige en quelque sorte à expérimenter et à renouveler ses façons d’enseigner. «J’intègre d’habitude assez peu de visuel ou de graphiques, observe Mme Trudeau. J’ai trouvé ça intéressant, on nous a montré comment faire un remue-méninges en direct, avec un outil qui permet de remplir un tableau virtuel de pense-bêtes. C’était très ludique.»

La formation dans la formation

Diane Clermont-Drolet

Dans un sens, participer à l’école d’été du CPU a donné un exemple de première main de la façon d’organiser efficacement un cours en ligne, déclarent les professeures et chargées de cours à qui nous avons parlé. «On a vu comment cela se passait de l’intérieur», remarque Mme Clermont-Drolet. «Être soi-même dans un contexte de formation à distance est une bonne illustration de ce qu’on pouvait faire», dit Mme Trudeau.

La formation a fourni plusieurs trucs et outils, sans pour autant noyer les participants et participantes dans trop de matière ou de fonctions très avancées. «Le pragmatisme était appréciable; le CPU a pris en compte le fait que nous n’étions pas tous des professeurs permanents et que certains ne pouvaient pas passer un mois à préparer leur cours», rapporte Bénédicte Ramade.

Le fait de regrouper les formations dans un cours d’été a par ailleurs apporté une certaine paix d’esprit: «Les formations existent, on peut les trouver. Mais en les proposant dans un ordre comme durant l’école d’été, avec une progression, cela a été révélateur», affirme Mme Clermont-Drolet.

Le soutien personnalisé et la disponibilité de toute l’équipe du CPU récoltent aussi de bons commentaires, et les participantes et participants se sont sentis écoutés. «On parle rarement du bien-être de l’enseignant et des conditions d’enseignement dans les formations sur les cours à distance. Pour une fois, j’ai eu l’impression qu’on les prenait en compte, ce qui faisait vraiment du bien», conclut Mme Ramade.