Une œuvre étudiante au cœur d’un projet citoyen

Mosaïque urbaine selon les rendus créés par l’équipe gagnante du concours-charrette

Mosaïque urbaine selon les rendus créés par l’équipe gagnante du concours-charrette

Crédit : Nadia Carvajal, Naomi Morel, Adalie Creton et Isabella Tonello Ramos

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Le réaménagement de la rue Jean-Brillant par l’arrondissement de Côte-des-Neiges‒Notre-Dame-de-Grâce ouvre la porte à une nouvelle collaboration avec l’UdeM et à un projet étudiant inusité.

À l’automne 2019, l’arrondissement de Côte-des-Neiges‒Notre-Dame-de-Grâce a lancé un processus de consultations publiques pour repenser l’aménagement de la rue Jean-Brillant, par laquelle transitent jusqu’à 15 000 étudiants et étudiantes quotidiennement, sécuriser les passages piétonniers et créer de nouveaux îlots de verdure. L’Unité du développement durable de l’Université de Montréal s’est assurée de faire partie du projet dès le début et a proposé de mettre les diverses expertises de l’UdeM au service de l’arrondissement.  

Ainsi, un tronçon de la rue Jean-Brillant, entre l’avenue Decelles et le chemin de la Côte-des-Neiges, est devenu un nouveau lieu public linéaire de 230 m. Le projet de réorganisation, qui se veut évolutif et participatif, a déjà permis de créer des aménagements transitoires, de concevoir des buttes végétalisées et d’installer du mobilier urbain. Les différentes initiatives s’inscrivent dans une volonté de l’arrondissement que les groupes citoyens et la communauté universitaire se réapproprient les endroits publics et permettront de prolonger, en quelque sorte, le parc qui porte le même nom. 

Dans les premières phases de cette vaste consultation, des résidants de Côte-des-Neiges ont émis le souhait que soient insérées davantage d’œuvres artistiques alors que l’arrondissement aspirait à poser un geste fort et à se démarquer des  lieux publics similaires ailleurs dans la ville et dans le monde. De par la nature participative de l’ensemble du projet, rapidement le doyen de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, Raphaël Fischler, a été sollicité pour inviter les étudiants et les étudiantes de sa faculté à prendre part à la conception d’une œuvre à l'occasion d'un concours-charette virtuel.

«L'engagement de la Faculté de l’aménagement dans la société est dans notre ADN et la participation citoyenne est au cœur de nos préoccupations. Nous sommes très heureux de voir nos étudiants et nos étudiantes partager leur savoir-faire et de contribuer à un partenariat entre l'Université et la communauté. La Faculté de l’aménagement répond toujours présente à des propositions de collaboration qui enrichissent à la fois les milieux de vie et les expériences de formation», affirme d’ailleurs Raphaël Fischler. 

Ce sont ainsi sept équipes multidisciplinaires de quatre personnes chacune qui se sont formées en octobre dernier. Sous l’impulsion du professeur Juan Torres, les équipes ont dû relever plusieurs défis et respecter plusieurs contraintes, notamment techniques. Les œuvres devaient également répondre au thème retenu par les résidants de Côte-des-Neiges: la convergence sociale. «Les concours-charrettes sont des exercices de créativité et des laboratoires d’apprentissage. Ils font partie de la pédagogie unique de nos formations et nos étudiants et étudiantes s’y engagent toujours avec énergie. Les résultats en sont la preuve et nous en sommes très fiers», souligne Juan Torres, qui est aussi vice-doyen à la recherche et aux partenariats à la Faculté de l’aménagement. 

Mosaïque abstraite, l’œuvre de Nadia Carvajal (architecture de paysage), Naomi Morel (design d’intérieur), Adalie Creton (design industriel) et Isabella Tonello Ramos (design industriel), a retenu l’attention du jury, formé de représentants de l’arrondissement et de l’Université de Montréal ainsi que de résidants. Toujours à l’état conceptuel, l’œuvre sera développée en partenariat avec l’entreprise qui prendra en charge la fabrication. Et à l’été 2021, on devrait voir Mosaïque abstraite sur la rue Jean-Brillant, le rêve des étudiantes deviendra réalité.   

Constituée de vitres en époxy colorées de différentes dimensions, l’œuvre représente les sociétés en convergence. Elle offrira la possibilité aux passants d’en déplacer les pièces afin d’explorer plusieurs combinaisons de couleurs qui se refléteront sur le sol dans un jeu de lumière avec le soleil. Mosaïque abstraite invitera donc à laisser aller sa créativité et à «peindre» un tableau coloré. 

L’équipe d’étudiantes obtient également une bourse de 3000 $ remise par le Fonds Peter Jacobs, qui vise à soutenir l’apprentissage pluridisciplinaire quant aux enjeux de conservation et de développement de l’environnement naturel et bâti. Il promeut l’intégration de différentes cultures et valeurs et divers systèmes de connaissance, en particulier dans les échanges avec les Premières Nations du Canada. Il soutient l’innovation en gestion, planification et conception des milieux de vie pour relever des défis complexes tels que les changements climatiques, la mobilité, la biodiversité et la diversité culturelle. 

La vice-rectrice aux partenariats communautaires et internationaux de l’Université de Montréal, Valérie Amiraux, qui a siégé au comité de sélection de l’œuvre, parle avec enthousiasme de cette initiative et de sa concrétisation. «Mosaïque abstraite va, nous l’espérons, contribuer à faire émerger un lieu de rencontre entre nos étudiants et étudiantes et les résidants du quartier. C’est formidable de constater, à la faveur de ce type d’initiative, que plusieurs unités de l’Université partagent le désir de contribuer directement à la qualité de vie des Montréalais. Les exemples de partenariats sont multiples, je pense notamment au corridor Darlington, un autre projet de l’Unité du développement durable, dont les retombées vont au-delà de l’écologie et répondent à des enjeux sociaux multiples. Une fois de plus, nous montrons que les possibilités de collaboration sont au moins aussi nombreuses que les disciplines offertes à l’Université de Montréal», conclut Valérie Amiraux.