Cinq questions au vice-recteur Jean-François Gaudreault-DesBiens

En 5 secondes

Le vice-recteur à la planification et à la communication stratégiques discute de la démarche en cours qui dotera l’Université de Montréal d’une nouvelle vision pour les 10 prochaines années.

Avocat constitutionnaliste, Jean-François Gaudreault-DesBiens est professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Doyen de la faculté de 2015 à 2019, il s’est joint en juin 2020, à l’invitation du recteur Daniel Jutras, à son équipe de direction pour actualiser les objectifs de l’Université et proposer une vision innovante de l’avenir de l’établissement. Il répond à nos questions sur la nouvelle planification stratégique.

Jean-François Gaudreault-DesBiens

Crédit : Amélie Philibert

En quoi consiste une planification stratégique?

Une planification stratégique contient la vision d’avenir d’une organisation et propose quelques grandes orientations dont découlent des projets concrets pour les prochaines années. Depuis le début de 2021, mon équipe et moi travaillons sur un nouveau plan stratégique dont le premier volet consiste à élaborer cette vision, à rêver le futur d’une université audacieuse, ouverte et constitutive d’un espace de liberté pour toutes et pour tous.

Est-ce la première fois que l’Université entreprend une telle planification?

Non. Depuis de nombreuses années, l’Université se dote de plans stratégiques quinquennaux fort utiles à notre positionnement et nos orientations. Le nouveau plan sera bâti sur ce qui a déjà été réalisé en tentant de répondre le mieux possible aux défis actuels et futurs.

Actuellement, les chercheurs autant que les décideurs publics s’interrogent sur l’avenir de l’institution universitaire. Il nous appartient, en tant que communauté, de prendre les devants et d’agir plutôt que de rester passifs. En fait, je vois dans cette nouvelle planification stratégique une occasion à saisir pour réfléchir à la place distincte de l’Université de Montréal dans le monde de demain. C’est une occasion de définir ensemble comment l’Université se signale, en 2021, dans l’expression de ses valeurs, par ses traits et ses caractéristiques propres.

Ateliers, rencontres, sondages, réflexions… Parlez-nous de la démarche en cours qui dotera l’Université de Montréal d’une nouvelle vision pour les 10 prochaines années.

L’Université doit être à l’écoute des milieux dans lesquels elle évolue pour se montrer à la mesure des défis qui se posent à elle. Pour l’équipe de mon vice-rectorat, il ne fait aucun doute que l’apport de tout un chacun à ce plan est essentiel. C’est ce qui l’ancrera dans nos véritables besoins et aspirations.

La première étape du processus, celle que nous terminerons bientôt, est d’aller à la rencontre des gens pour connaître leurs rêves et leurs idées, mais aussi pour comprendre leurs enjeux en tant qu’étudiants, professeurs, chargés de cours ou cliniciens, diplômés ou partenaires externes et discuter d’idées audacieuses et porteuses pour l’université de demain. Au final, nous aurons recueilli les impressions de plus de 7000 personnes de tous les horizons. Des résultats de cette vaste consultation se retrouveront d’ailleurs prochainement sur la page Web de la planification stratégique.

Il est clair que l’exercice de planification stratégique se nourrit des idées et des rêves de tous les membres de la communauté de l’UdeM. Si les voix sont multiples, peut-on tout de même déjà dégager des tendances de la consultation en cours?

Déjà, nous partageons tous la volonté de faire de notre université la meilleure université possible pour nos étudiantes et étudiants, nos chercheurs et chercheuses, notre personnel enseignant, nos employés, nos partenaires ainsi que notre société. Aussi, les membres de la communauté de l’Université de Montréal partagent tous la conviction que la recherche, l’enseignement et les engagements universitaires doivent viser avant tout la promotion du bien commun.

Quelques autres grands thèmes émergent aussi: les retombées concrètes de l’Université sur la société, la volonté d’être une organisation qui apprend et crée rapidement et l’ambition de devenir l’université francophone la plus influente du monde.

En terminant, l’exercice de planification stratégique est le moment de «rêver notre université». Est-ce à dire qu’il faut concevoir l’Université de Montréal comme un espace sans contraintes, où tout est possible?

Je pense effectivement qu’il ne faut pas entreprendre un exercice de planification stratégique en s’imposant trop de contraintes, même si, en précisant les projets qui seront mis de l’avant, nous devrons évidemment composer avec certaines d’entre elles. Partons de la prémisse que tout est possible à l’UdeM et pour l’UdeM; partons de ce que nous sommes pour nous projeter vers ce que nous voulons devenir. Nous sommes une université francophone très influente, un centre de recherche majeur dont la réputation n’est plus à faire et nous avons les ressources pour réaliser l’impossible. La pandémie que nous traversons nous a d’ailleurs démontré tout ce que nous pouvons accomplir en unissant nos forces. J’aime bien cette idée de Simone Weil selon laquelle «le meilleur n’est concevable que par le parfait». Tâchons ensemble de concevoir ce que nous estimerions être le parfait et peut-être nous approcherons-nous du meilleur.

J’aimerais clore cette entrevue en invitant celles et ceux qui n’ont toujours pas participé à l’une ou l’autre de nos consultations à m’envoyer un courriel contenant leurs idées créatives pour l’Université. À toutes et à tous, je souhaite un bel été.