À moins d’un caprice de dame nature, le lancement du télescope spatial James-Webb aura lieu le 18 décembre vers 7 h 30 (heure normale de l’Est) à bord d’une fusée Ariane 5 qui s’envolera du Centre spatial guyanais de Kourou (Guyane française). Une fois qu’il aura atteint sa destination pour être en orbite autour du Soleil à 1,5 million de kilomètres de la Terre, il deviendra le plus important observatoire pour des milliers d’astronomes du monde entier.
Ce jour-là, le professeur René Doyon, du Département de physique de l’Université de Montréal, sera sur place pour assister au lancement de cette complexe machine à laquelle il a consacré près de 20 ans de sa carrière, assisté par plusieurs chercheurs et partenaires. C’est le cas de l’attaché de recherche Loïc Albert, de l’Institut de recherche sur les exoplanètes de l’UdeM, qui pour sa part observera le tout du centre de contrôle de mission situé à Baltimore, aux États-Unis.
Tous deux font partie de l’équipe scientifique désignée par l’Agence spatiale canadienne (ASC) pour concevoir, en grande partie, l’un des quatre instruments scientifiques sophistiqués dont est muni le télescope James-Webb ainsi qu’un détecteur de guidage.
En effet, il est doté d’un détecteur de guidage de haute précision et d’un instrument d’imagerie et de spectroscopie infrarouge appelé NIRISS (pour Near Infrared Imager and Slitless Spectrograph) – ces deux appareils ayant été conçus par la compagnie Honeywell et plusieurs autres partenaires industriels en étroite collaboration avec les chercheurs de l’UdeM et du Conseil national de recherches du Canada qui ont une grande expertise dans l’instrumentation astronomique. L’expertise de l'UdeM se situe dans l’instrumentation pour le domaine de l'infrarouge.
René Doyon était à la tête de l’équipe chargée de mettre au point le NIRISS, dont le rôle consistera, entre autres, à étudier l’atmosphère d’exoplanètes afin d’en déterminer la composition chimique et d’y scruter des signatures d’atomes et de molécules qui pourraient être des indices d’habitabilité ou même de vie extraterrestre.
«Grâce au détecteur de guidage canadien à bord de l’observatoire, chaque découverte qui découlera des données qu’aura captées James-Webb aura été guidée par des yeux canadiens!» illustre M. Doyon avec enthousiasme et fierté.