D’abord, repenser les récits
Pour Joëlle Rouleau, il existerait plusieurs façons de rendre les films de Noël plus queers, à commencer par une révision complète de la mécanique. «Dans une perspective de lutte collective et selon une position théorique et culturelle queer, il faut envisager un changement de culture général, plutôt qu’un simple remplacement des personnages habituels par des protagonistes queers ou appartenant aux communautés LGBTQ+.»
Bref, racontons d’autres histoires, tout simplement. «Des histoires qui ne présentent pas nécessairement l’amour monogame comme seul objectif valable; on nous propose des films où les peines amoureuses ne sont consolées que par d’autres rencontres et où le couple – très souvent hétérosexuel – devient une institution», croit Joëlle Rouleau.
La professeure tient toutefois à préciser qu’elle ne souhaiterait pas forcément faire disparaître les couples hétérosexuels des films de Noël, mais bien moduler la trame narrative. Comme autres thèmes, elle propose de parler d’amitiés, de famille choisie – un concept qui cherche à reconnaître les différentes modalités de filiation – ou encore de sujets plus socialement engagés, comme la surconsommation liée à la période des fêtes.
Nous pourrions nous inspirer des films pour enfants qui ont souvent des messages codés et des sous-textes qui font réfléchir. «Subvertissons les cadres normatifs. Pourquoi pas un film sur la décroissance et la crise climatique sur fond de Noël? Je lance l’idée!» suggère-t-elle en riant.