Les enfants ne vivent pas tous le confinement de la même façon. «Ceux qui le vivent dans une maison de campagne à Charlevoix et qui font beaucoup de ski ont de bonnes chances de moins en subir les effets à long terme que ceux qui habitent dans un logement insalubre et dont les parents sont absents ou supportent beaucoup de stress», affirme d’emblée Sylvana Côté, directrice de l’Observatoire pour l’éducation et la santé des enfants (OPES).
Les inégalités existent, pandémie ou pas, mais le fait de ne plus prendre le chemin de l’école chaque matin a de nombreuses répercussions sur les enfants. «L’école agit comme un égalisateur social et c’est pour cette raison que le gouvernement a tout fait pour garder le plus possible les écoles ouvertes, dit la chercheuse du CHU Sainte-Justine. Il faut applaudir les efforts qui sont faits parce que ce n’était pas gagné d’avance. Il y a eu des choix difficiles à faire, mais l’école a été au sommet des priorités parce que son interruption a des conséquences importantes sur le développement des enfants et sur le fonctionnement de toute la société.»
Les enfants ont tout de même vécu des perturbations majeures en raison de la pandémie et Sylvana Côté a regardé ce qui s’est passé en matière de retards d’apprentissage, de bien-être et de santé mentale, puis de saines habitudes de vie. Si l’on s’inquiète de voir les inégalités sociales se creuser pour ces raisons, l’ampleur des effets négatifs de la crise sanitaire dépendra de la façon dont on s’organisera pour la limiter. C’est l’objectif de son article «Comprendre et atténuer les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les enfants: un plan pour réduire les inégalités du développement», qui vient d’être publié dans une section spéciale de la Revue canadienne de santé publique préparée par les directeurs des différents axes de l’OPES.