Problèmes neurologiques, perte auditive, infertilité: les personnes survivantes du médulloblastome, une forme invasive de cancer du cerveau, souffrent de lourdes séquelles physiques et cognitives liées aux traitements, en plus d’avoir un taux de mortalité global 21 fois plus élevé que le reste de la population. C’est ce que montre une nouvelle étude dirigée par la Dre Hallie Coltin, hémato-oncologue pédiatrique et chercheuse au CHU Sainte-Justine et professeure adjointe de clinique à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Ces résultats soulignent l’urgence d'adapter les schémas thérapeutiques en fonction de l’âge des patients, du degré de gravité de leur maladie et de la biologie de la tumeur afin de leur offrir de meilleures perspectives de santé.
Le médulloblastome est la forme la plus commune du cancer du cerveau chez les jeunes. À l’heure actuelle, le taux de survie oscille entre 50 et 80 %. Néanmoins, les traitements offerts pour vaincre la maladie ne sont pas sans conséquences. L’étude révèle que les enfants de moins de 18 ans chez qui un médulloblastome a été diagnostiqué et qui ont survécu plus de cinq années sans récidive ont des taux d'accident vasculaire cérébral et de perte auditive marquée respectivement 45 fois et 96 fois plus élevés que dans la population générale. De plus, environ un patient sur deux reçoit des prestations d'invalidité – une donnée qui serait sous-évaluée selon la Dre Coltin.
«Depuis quelques années, les patients survivent au médulloblastome. Néanmoins, des séquelles telles que des problèmes cognitifs et neurologiques sérieux, susceptibles de réduire les possibilités d’avoir un partenaire de vie, doivent être considérées», renchérit la Dre Coltin.
Ces résultats incitent à revoir le tableau des traitements afin de proposer des thérapies d’intensité stratifiées en fonction du risque associé à la maladie, de l’âge du patient et de la biologie de la tumeur, de sorte que les personnes à faible risque de rechute ne soient pas exposées à des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie excessifs. Il est également nécessaire de réduire le fardeau à long terme lié à la maladie pour ainsi favoriser chez les jeunes survivants du médulloblastome une santé optimisée et une meilleure qualité de vie.