Du bonheur dans l’assiette et en cuisine
L’Université de Montréal devient ainsi le premier client institutionnel de la jeune entreprise de pisciculture Opercule, dont les installations sont situées dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. Pour le moment, la majorité de sa clientèle est composée de restaurants haut de gamme tels le Montréal Plaza et le Lawrence. Opercule s’engage à fournir des poissons élevés sans antibiotiques ni hormones de croissance. De plus, grâce à un système qui fonctionne en circuit fermé, l’entreprise réussit à récupérer l’eau utilisée dans une proportion de 99,8 %.
Afin de minimiser les pertes, l’équipe en cuisine a choisi de servir l’omble chevalier sous forme de darnes, cette tranche épaisse qui contient l’arête principale, la dorsale. Sans oublier que la découpe en darnes requiert moins de temps et de travail que la coupe en filets, ce qui permet de garder la portion d’omble chevalier à un prix équivalent à celui du saumon et de la truite. Les clients de Chez Valère ne seront pas en reste pour autant, puisque, selon Pascal Prouteau, «la darne est une coupe très savoureuse justement à cause de la présence d’arêtes, qui donnent du goût à la chair».
Les consommateurs ne seront pas les seuls à y trouver leur compte: pour les chefs de cuisine de l’Université, travailler avec une telle matière première leur permet de mettre davantage à profit leur savoir et leur expertise. Il suffit de les voir aiguiser leurs couteaux avant de découper les darnes! Interrogée à savoir s’il y a une différence entre apprêter un poisson frais et un poisson congelé, la chef Aurélie Feuerstein, responsable du service traiteur de l’UdeM, est sans équivoque: «Il n’y a pas photo!» répond-elle, avant d’ajouter avec un plaisir évident qu’avec les têtes et les queues «nous allons pouvoir faire notre fumet de poisson maison».
L’approvisionnement en poisson frais ouvrira également de nouvelles perspectives pour le service traiteur, un secteur non négligeable des services alimentaires de l’UdeM. L’équipe prévoit notamment transformer l’omble chevalier en gravlax pour son menu des fêtes.