Dans les sociétés humaines, le langage est au cœur des interactions de leurs membres. C’est vrai aussi pour les organismes vivants. Deux chercheurs du Département de chimie se sont penchés sur la compréhension et la recréation de deux langages moléculaires fondamentaux à l'origine de la vie: l’allostérie et la multivalence. Ces langages sont cruciaux dans la communication entre les molécules des organismes vivants et sont considérés comme essentiels pour l’élaboration de nouvelles nanotechnologies.
Les scientifiques ont réussi à recréer ces langages et à les valider mathématiquement. Leur publication dans le Journal of the American Chemical Society souligne l'importance de ces avancées comme autant de portes ouvertes sur des nanotechnologies révolutionnaires dans des domaines tels que la détection biomoléculaire, l'administration de médicaments et l'imagerie moléculaire.
Le professeur Alexis Vallée-Bélisle et son doctorant Dominic Lauzon expliquent que les organismes vivants fonctionnent grâce à des langages moléculaires qui assurent la coordination et la réalisation de tâches spécifiques entre les molécules. Ils mettent en avant la nécessité de comprendre et d'exploiter ces langages pour créer des systèmes artificiels plus complexes et utiles dans l'ère émergente des nanotechnologies.
Deux types de langages moléculaires sont principalement explorés: l'allostérie, où une molécule modifie la structure d'une autre molécule pour activer ou inhiber son activité, et la multivalence, qui facilite la liaison entre plusieurs molécules. Ces langages, bien qu'observés dans tous les organismes vivants, n’ont commencé que récemment à être programmés et utilisés par les scientifiques, ouvrant ainsi la voie à la conception de nouvelles nanotechnologies.
Les chercheurs ont utilisé l'ADN comme molécule modèle pour constituer un système moléculaire fonctionnant à partir de ces deux langages, ce qui a permis de comparer et de comprendre leurs règles et principes. Ils ont découvert que des équations mathématiques simples peuvent décrire ces langages, offrant ainsi des paramètres pour programmer la communication entre les molécules dans un nanosystème.
Grâce à ces nouveaux éléments de compréhension, ils ont conçu un capteur d'anticorps utilisant le langage de la multivalence, capable d’être programmé pour détecter différentes concentrations d'anticorps. Cette avancée est particulièrement pertinente pour évaluer l'immunité individuelle et l'immunité collective dans des contextes tels que celui de la pandémie.
En résumé, cette recherche ouvre des perspectives prometteuses pour la mise au point de nanotechnologies innovantes en décryptant les langages moléculaires fondamentaux de la vie et en les appliquant à divers domaines, notamment la santé et la technologie biomédicale.
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