Afin d’évaluer la capacité à l’exercice, l’équipe de recherche a mesuré la consommation d’oxygène au pic de l’effort (ou VO2 max) et analysé la fonction cardiaque chez 71 adultes âgés de 18 à 29 ans nés à moins de 30 semaines d’âge gestationnel, tirés de la cohorte HAPI, ainsi que chez 73 personnes du même groupe d’âge nées à terme.
Résultats: les participantes et participants nés prématurément avaient une consommation d’oxygène significativement plus basse à l’effort que ceux nés à terme, mais aucune différence n’est ressortie sur le plan de la fonction cardiaque. La réduction de la capacité à l’exercice était encore plus importante chez les individus qui avaient été hospitalisés plus longtemps dans une unité de soins intensifs après leur naissance. «Ces résultats permettent de croire que la fonction et le métabolisme musculaires sont affectés par la prématurité, explique la Dre Nuyt, chef du Département de pédiatrie de l’UdeM. Jusqu’à maintenant, les recherches ont surtout porté sur les conséquences de la prématurité sur le cerveau, les poumons et le cœur. L’étude ouvre un tout nouveau champ de recherche.»
Bonne nouvelle: ces répercussions négatives pourraient être renversées grâce à de l’exercice physique régulier. C’est ce qu’indique une autre étude, publiée dans Medicine & Science in Sports & Exercise et réalisée auprès de 21 individus de la cohorte HAPI. Ces derniers, ainsi que 37 jeunes adultes nés à terme, ont en effet vu leur capacité à l’effort physique augmenter à la suite d’un programme supervisé d’exercices sur 14 semaines. «Ce sont des résultats préliminaires très encourageants, se réjouissent la Dre Luu, chercheuse au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, et son étudiante Camille Bastien-Tardif, première auteure de l’étude. Cela signifie que, tout comme les personnes nées à terme, celles nées prématurément peuvent améliorer leur santé cardiovasculaire en bougeant plus et en adoptant de saines habitudes de vie. D’autres études avaient démontré les bienfaits de l’activité physique chez les enfants prématurés, mais notre étude laisse supposer que, même à l’âge adulte, les effets positifs sont au rendez-vous.»