Mettre des mots sur les maux
L'exposition s’ouvre sur une petite salle rose bonbon qui évoque une clinique de fertilité et dont les murs sont recouverts de milliers de mots prononcés par une dizaine de femmes ayant suivi un processus de fécondation in vitro. Ces mots expriment leurs motivations, appréhensions et détresses et les multiples violences médicales qu'elles ont subies. Parmi les témoignages poignants, on peut lire des phrases telles que «Si ça ne marche pas, c’est parce que tu ne le souhaites pas», «Si ça ne marche pas, c’est sûrement parce que vous êtes trop grosse», «Le médecin m’avait dit: “Vous avez eu une chlamydia à 18 ans, madame.” Depuis deux mois, je suis traumatisée. Puis là, finalement, c’est mon conjoint qui avait un problème de spermatozoïdes».
D’autres témoignages ont donné vie à des œuvres telles que l'installation Ces langues que parlent les femmes: conciliabules, palables et palaver, de Caroline Boileau, où s’entremêlent notes d’entrevues et dessins fantastiques à l’aquarelle, les espoirs, les souffrances, les blessures de celles qui ont eu un enfant ou en ont désiré un.