Au-delà du commercial
Cette reconnaissance met en lumière l’importance de la collaboration au-delà des aspects commerciaux, qui sera d’ailleurs au cœur de la Semaine internationale du libre accès 2024, dont le thème est «La communauté avant la commercialisation». «Ça correspond tout à fait à notre mission et à notre travail», constate la directrice générale d’Érudit, Tanja Niemann, qui raconte qu’Érudit a été fondé il y a 25 ans pour préserver les lieux de publication locaux sans but lucratif. «Nous voulions conserver nos voies d’articulation des résultats de recherche, dans notre langue», ajoute-t-elle.
Le RQIS reconnaît plus particulièrement le POA, le bras financier du travail d’Érudit, qui permet de soutenir les revues en libre accès, qui renoncent ainsi aux revenus d’abonnement. Chaque année, le POA redistribue un million de dollars aux revues hébergées sur Érudit, transformant le modèle de diffusion. «Le fait que le RQIS reconnaisse le POA comme un exemple d’innovation sociale, c’est une autre confirmation que le libre accès aux publications scientifiques a des retombées qui dépassent largement le cadre universitaire et profitent directement à l’ensemble de la société», note Gwendal Henry.
Même si les grands monopoles continuent de se tailler la part du lion dans le milieu de l’édition savante, de plus en plus d’acteurs reconnaissent l’importance du libre accès, autant pour les lecteurs que pour les auteurs, pavant la voie au modèle du «libre accès diamant» – ce que prône finalement Érudit depuis 10 ans. La Politique des trois organismes [fédéraux de financement de la recherche] sur le libre accès aux publications est en cours de révision, et l’Unesco s’est prononcée à ce sujet.