«Formes infinies»
Dans la salle principale, quatre artistes autochtones: David Garneau (métis), Martin Akwiranoron Loft (Kanien’keha:ka), Michelle Sound (crie et métisse) et Alexis Gros-Louis (wendat), rendent compte des interactions entre les cultures occidentales et celles des Premiers Peuples. Chaque artiste se réapproprie les techniques et les codes visuels traditionnellement utilisés par les culturelles euro-occidentales. Ainsi, dans Raw Harvest, David Garneau revisite la tradition de la nature morte en y ajoutant des plantes indigènes du Canada comme le maïs. Martin Akwiranoron Loft choisit quant à lui la photographie pour présenter différents portraits de personnes autochtones. Et dans Every photo of her mother, Michelle Sound utilise des cyanotypes, procédé photographique généralement employé par les Occidentaux comme la botaniste Anna Atkins, et les présente sur des tambours en cercle avec des portraits de famille et des plantes médicinales et locales. Chacun réimprime sa propre histoire, tout comme Alexis Gros-Louis, qui grave sur du plâtre des modèles de poterie traditionnelle wendate.
Les artistes s’interrogent également sur la nature des liens tissés entre les différentes cultures. Par exemple, une immense tapisserie d’Alexis Gros-Louis «est basée sur cet antependium, un élément décoratif utilisé dans une église pour orner un autel, qui fut tissé par des religieuses et le peuple wendat au 18e siècle. La pièce exposée aujourd’hui à la Galerie de l’UdeM a, quant à elle, été produite aux Pays-Bas sur un métier à tisser jacquard informatisé. C'est une autre étape d’un détournement de la production d’un artéfact d’un objet wendat fabriqué aux Pays-Bas», explique le commissaire Michael Patten.