L’analogie de la porte
Les commutateurs biomoléculaires ou nanomachines, généralement composés de protéines ou d’acides nucléiques, sont les rouages de la machinerie du vivant. Ils accomplissent des milliers de fonctions clés, dont les réactions chimiques, le transport de molécules, le stockage d’énergie et la facilitation des mouvements et de la croissance.
Mais comment ces commutateurs ont-ils évolué pour s’activer à différentes échelles de temps? Cette question passionne les biochimistes depuis longtemps. Suivant les modèles pionniers Monod-Wyman-Changeux et Koshland-Nemethy-Filmer élaborés dans les années 1960, deux mécanismes distincts ont été proposés pour expliquer comment s’opère l’activation des commutateurs biomoléculaires.
«L’analogie d’une porte est pratique pour illustrer ces deux mécanismes, dit Alexis Vallée-Bélisle, professeur de chimie à l’UdeM et chercheur principal de cette étude. La porte fermée représente la structure inactive du commutateur ou de la nanomachine, tandis que la porte ouverte représente sa structure active. La grande différence entre ces deux mécanismes est la présence d’une poignée sur la porte! Dans le mécanisme de la sélection conformationnelle, la molécule activatrice doit attendre que la porte s’ouvre de manière spontanée avant de l’agripper dans sa forme ouverte. Par contraste, dans le mécanisme de l’ajustement induit, la molécule activatrice interagit avec la poignée et son interaction force l’ouverture de la porte.»