Décisions «à chaud» ou «à froid»? Deux systèmes en jeu qui se côtoient
Afin de comprendre pourquoi certains consommateurs s’engagent dans une conduite d’évasion fiscale, Mylène Mailhot s’est inspirée des travaux en psychologie cognitive.
Son hypothèse? Les décisions ne sont pas uniquement rationnelles, et l’analyse des données tirées d’entretiens de groupe avec 23 consommateurs ayant sollicité des entrepreneurs montre que deux systèmes coexistent et que leur activation dépend de multiples facteurs.
«On oscille entre deux systèmes: un intuitif et un autre plus réfléchi, plus calculé», dit-elle.
Par exemple, les propriétaires de condominiums ont tendance à privilégier une approche «à froid». Pourquoi? Les contraintes légales des syndicats de copropriété, qui exigent factures et autorisations, les poussent à réfléchir avant d’accepter des offres de travaux sans taxes. À l’inverse, les propriétaires de maisons unifamiliales agissent plus souvent «à chaud», semblant prêts à contourner les règles fiscales et à ne pas demander d’autres soumissions.
Mais ce n’est pas tout. L’étude, réalisée en collaboration avec des chercheurs et chercheuses de l’Université de Sherbrooke et de l’Université de Montréal, révèle que, bien plus que l’appât du gain, ce sont des facteurs émotionnels, sociaux et contextuels qui influencent ces choix.
«L’urgence des travaux pousse les consommateurs à prendre des décisions intuitives, tandis que des sentiments comme l’équité sociale peuvent justifier le non-paiement des taxes, illustre Mylène Mailhot. Certains se disent que les taxes sont trop élevées ou que le système est injuste.»