Une solution de nouvelle génération
À ce jour, aucun vaccin commercial n’existe contre l’infection à Streptococcus suis. Les vétérinaires doivent recourir à des «autovaccins», soit des vaccins fabriqués à partir de la souche bactérienne isolée de porcs malades, dont les résultats sont «mitigés», indique Marcelo Gottschalk.
Le chercheur ajoute que les producteurs ont aussi longtemps compté sur les antibiotiques pour prévenir la maladie, mais que cet usage préventif alimente l’antibiorésistance.
Pour lutter contre ces problèmes au confluent de la santé animale et de la santé humaine, l’équipe montréalaise, épaulée par des collaborateurs étrangers, a misé sur une stratégie novatrice: les vaccins glycoconjugués.
Streptococcus suis se protège grâce à une capsule de sucre qui agit comme un camouflage et empêche le système immunitaire de la détecter, souligne Mariela Segura. L’idée était donc de reproduire artificiellement une petite portion de ce «chapeau de sucre» en laboratoire, puis de la lier à une protéine porteuse.
«Cette combinaison rend la molécule visible aux défenses immunitaires, qui apprennent alors à reconnaître et éliminer la bactérie», poursuit la chercheuse.